Méthode LC–MS/MS optimisée pour la détection du déoxynivalénol et ses formes dans les céréales et aliments pour animaux

Méthode LC–MS/MS améliorée pour la détection du déoxynivalénol et de ses formes dans les céréales et les aliments pour animaux

Introduction

Le déoxynivalénol (DON), également appelé vomitoxine, est une mycotoxine fréquemment retrouvée dans les céréales telles que le blé, le maïs et l'avoine, où il représente un risque important pour la santé humaine et animale. Les préoccupations majeures autour du DON incluent sa toxicité aiguë et chronique, ses effets sur la croissance et l’immunité, et sa capacité à apparaître sous différentes formes modifiées. La mise au point de méthodes de détection précises et sensibles est indispensable pour surveiller efficacement la présence de DON et de ses dérivés dans les matrices agricoles et alimentaires complexes.

Objectif de la méthode développée

L’étude présente une méthode analytique basée sur la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem (LC–MS/MS), optimisée pour la détermination précise non seulement du DON, mais également de ses différentes formes, dont le DON-3-glucoside, dans les grains et les aliments pour animaux. Cette technique offre une détection sélective ainsi qu'une excellente sensibilité, adaptée à la réglementation stricte imposée dans le secteur agroalimentaire.

Innovation méthodologique

Contrairement aux techniques traditionnelles telles que la chromatographie en phase gazeuse, la LC–MS/MS propose une séparation efficace, une réduction significative des interférences matricielles, et permet la quantification simultanée de plusieurs formes de DON. L’optimisation s’étend aussi à l’extraction et à la purification des échantillons, améliorant ainsi la récupération et la reproductibilité analytique.

Points clés de la méthode améliorée :

  • Préparation des échantillons : Utilisation d’un protocole d’extraction simplifié avec une étape de purification à l’aide de colonnes SPE (extraction en phase solide), limitant les pertes d’analytes.
  • Séparation chromatographique : Sélection d’une colonne adaptée et de conditions de gradient spécifiques pour séparer DON, ses conjugués et autres mycotoxines associées.
  • Détection par MS/MS : Application du mode de surveillance des ions multiples pour améliorer la sensibilité et la spécificité de la détection.
  • Validation : La méthode a été validée sur différentes matrices (blé, maïs, aliments pour bétail), démontrant une bonne linéarité, des limites de détection basses, une reproductibilité élevée et une récupération optimale.

Résultats principaux

La méthode développée affiche des limites de détection et de quantification situées à des niveaux inférieurs à 20 µg/kg pour tous les analytes, la rendant compatible avec la majorité des réglementations européennes existantes. Les tests de récupération dans diverses matrices dépassent 80 % pour le DON et ses formes modifiées, soulignant la robustesse du protocole. De plus, la reproductibilité inter- et intra-essai prouve la fiabilité de l’approche, même pour des échantillons complexes comme l’alimentation animale.

Application pratique et impact réglementaire

Grâce à cette méthode, il devient possible de :

  • Contrôler efficacement la contamination des céréales et des aliments pour animaux par le DON et ses métabolites.
  • Fournir une assurance de conformité face aux normes réglementaires et contribuer à la sécurité de la chaîne agroalimentaire.
  • Procéder à une surveillance régulière facilitée par la rapidité et la simplicité de l’extraction et de l’analyse.

Les laboratoires de contrôle qualité et de recherche en toxicologie alimentaire peuvent ainsi s’appuyer sur cette optimisation pour améliorer la fiabilité du dépistage du DON, minimiser les faux négatifs, et évaluer le risque représenté par les formes modifiées (masquées) du toxique.

Discussion et perspectives

L’intégration de la LC–MS/MS pour la détection du DON et de ses dérivés marque une étape majeure dans le diagnostic de la contamination céréalière. Il demeure néanmoins essentiel de poursuivre les recherches sur l’apparition de nouvelles formes masquées de DON, leur toxicité relat ive, et la mise à jour des méthodes afin de garantir une couverture analytique complète. La prise en compte de l’ensemble du profil de contamination—naturelle ou dérivée du stockage/agrotransformation—constitue aujourd’hui un enjeu crucial pour la sécurité des aliments.

Conclusion

L’approche LC–MS/MS améliorée détaillée dans cette étude constitue désormais une référence pour la surveillance du déoxynivalénol et ses formes modifiées. Son application promise à grande échelle devrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et à soutenir le respect des normes européennes dans la filière céréalière et animale.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0308814626017231