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Détecter les pesticides, antibiotiques et métaux lourds dans le miel : les principales stratégies analytiques

Détecter les pesticides, antibiotiques et métaux lourds dans le miel : les principales stratégies analytiques

Le miel est un produit naturel apprécié pour ses qualités nutritionnelles et aromatiques. Toutefois, sa composition peut refléter l’environnement dans lequel les abeilles butinent. Des résidus de pesticides, d’antibiotiques ou de métaux lourds peuvent ainsi se retrouver dans la cire, le pollen et le miel, parfois à de très faibles concentrations.

La surveillance de ces contaminants repose donc sur des méthodes analytiques capables d’identifier de nombreuses molécules, de mesurer leur concentration et de garantir la fiabilité des résultats. Les stratégies actuelles combinent préparation d’échantillons, techniques chromatographiques, spectrométrie de masse et méthodes rapides de dépistage.

Pourquoi contrôler les contaminants du miel ?

Les abeilles peuvent être exposées à différentes sources de contamination :

  • les traitements phytosanitaires utilisés dans les cultures voisines ;
  • les médicaments vétérinaires employés pour lutter contre certaines maladies des colonies ;
  • la pollution atmosphérique et industrielle ;
  • les sols ou les eaux contaminés ;
  • la cire, qui peut accumuler certains résidus au fil du temps ;
  • les pratiques de récolte, de stockage ou de transformation.

Les pesticides constituent une famille particulièrement diverse. Elle comprend des insecticides, des fongicides, des herbicides et des acaricides, dont les propriétés chimiques varient fortement. Les antibiotiques et autres médicaments vétérinaires peuvent, quant à eux, provenir de traitements appliqués directement dans les ruches. Les métaux lourds, comme le plomb, le cadmium, le mercure ou l’arsenic, sont principalement surveillés en raison de leur persistance et de leur capacité à s’accumuler dans l’environnement.

Une matrice analytique complexe

Le miel n’est pas un échantillon simple à analyser. Sa forte teneur en sucres, sa viscosité, son acidité et la présence de composés naturels peuvent perturber les analyses. Les pigments, les polyphénols, les cires et d’autres constituants peuvent également provoquer des interférences instrumentales.

Avant toute mesure, l’échantillon doit donc être homogénéisé et préparé de manière à extraire les substances recherchées tout en éliminant une partie des composants susceptibles de gêner la détection. Le choix de cette étape influence directement la sensibilité, la sélectivité et la reproductibilité de la méthode.

Préparer les échantillons avant l’analyse

Extraction liquide-liquide

L’extraction liquide-liquide repose sur la répartition des contaminants entre deux solvants présentant des propriétés différentes. Cette approche peut être adaptée à certaines molécules, mais elle nécessite souvent plusieurs manipulations et une quantité importante de solvants.

Extraction en phase solide

L’extraction en phase solide, ou SPE, utilise une cartouche contenant un matériau adsorbant. Les composés d’intérêt sont retenus puis élués avec un solvant approprié. Cette technique permet de concentrer les analytes et de réduire les effets de matrice. Elle peut toutefois devenir longue lorsque de nombreux contaminants doivent être recherchés simultanément.

Méthodes QuEChERS

Les protocoles de type QuEChERS sont largement utilisés pour l’analyse multirésidus. Ils associent une extraction rapide à base de solvant et une étape de purification par sels ou sorbants. Leur principal avantage est de permettre la recherche d’un grand nombre de pesticides avec une consommation modérée de solvants.

Des adaptations sont souvent nécessaires pour tenir compte de la richesse du miel en sucres. Le protocole doit être optimisé afin d’obtenir une purification suffisante sans perdre les molécules les plus fragiles ou les plus polaires.

Techniques miniaturisées et approches plus durables

Les laboratoires s’intéressent de plus en plus aux techniques miniaturisées, à la microextraction et aux solvants moins toxiques. Ces approches visent à réduire le volume d’échantillon, la consommation de réactifs et la production de déchets, tout en conservant une sensibilité compatible avec les exigences réglementaires.

Détection des pesticides par chromatographie

Chromatographie en phase gazeuse

La chromatographie en phase gazeuse, généralement couplée à la spectrométrie de masse, convient aux composés suffisamment volatils et thermostables. Elle a longtemps été utilisée pour rechercher certains insecticides, acaricides et organochlorés.

Ses limites apparaissent lorsque les molécules sont très polaires, thermolabiles ou peu volatiles. Une dérivatisation peut alors être nécessaire pour rendre l’analyte compatible avec l’analyse chromatographique.

Chromatographie liquide haute performance

La chromatographie liquide haute performance, notamment lorsqu’elle est associée à la spectrométrie de masse en tandem, est particulièrement adaptée aux pesticides modernes. Elle permet d’analyser des molécules polaires, peu volatiles ou thermosensibles.

Les méthodes LC-MS/MS offrent une grande sélectivité et de faibles limites de détection. Elles sont couramment utilisées pour les analyses multirésidus, car elles peuvent surveiller plusieurs familles de pesticides au cours d’une même séquence.

Spectrométrie de masse haute résolution

La spectrométrie de masse haute résolution apporte une capacité supplémentaire : elle permet de rechercher simultanément des contaminants connus et des composés non ciblés. Cette approche peut contribuer à identifier des produits de transformation ou des substances inattendues.

Elle exige cependant des instruments coûteux, des bases de données fiables et une expertise importante pour interpréter les résultats. La confirmation d’un signal nécessite souvent une vérification complémentaire à l’aide d’étalons de référence.

Recherche des antibiotiques et médicaments vétérinaires

La détection des antibiotiques dans le miel repose principalement sur des méthodes chromatographiques couplées à la spectrométrie de masse. Les familles recherchées peuvent présenter des structures et des propriétés très différentes, ce qui complique la mise au point d’une méthode universelle.

Les analyses doivent notamment tenir compte :

  • de la stabilité variable des molécules ;
  • de leur affinité pour les sucres et les protéines ;
  • de leur dégradation pendant l’extraction ;
  • des effets de matrice susceptibles de modifier le signal ;
  • de la nécessité de confirmer l’identité du résidu détecté.

Des tests microbiologiques ou immunologiques peuvent servir de dépistage initial. Ils sont relativement rapides et utiles pour traiter un grand nombre d’échantillons. En revanche, ils peuvent manquer de spécificité et doivent généralement être complétés par une méthode instrumentale de confirmation.

Mesurer les métaux lourds

Les métaux lourds ne sont pas analysés par les mêmes techniques que les pesticides ou les antibiotiques. Leur détermination nécessite habituellement une minéralisation de l’échantillon, destinée à détruire la matière organique et à libérer les éléments métalliques.

Spectrométrie d’absorption atomique

La spectrométrie d’absorption atomique est une méthode éprouvée pour mesurer certains éléments. Elle peut être utilisée avec différents systèmes d’atomisation et convient particulièrement aux analyses ciblées.

ICP-OES et ICP-MS

La spectrométrie d’émission optique à plasma à couplage inductif, ou ICP-OES, permet de mesurer plusieurs éléments au cours d’une même analyse. La spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif, ou ICP-MS, offre généralement une sensibilité supérieure et convient à la détection de traces et d’ultratraces.

Ces instruments sont performants pour établir un profil minéral du miel. Ils peuvent également contribuer à étudier l’origine géographique des échantillons, à condition d’utiliser des séries suffisamment importantes et des outils statistiques adaptés.

Importance de la forme chimique des éléments

La mesure de la concentration totale d’un métal ne renseigne pas toujours sur sa toxicité ou sa biodisponibilité. Dans certains cas, il est nécessaire d’étudier la spéciation, c’est-à-dire les différentes formes chimiques sous lesquelles l’élément est présent. Cette analyse est plus complexe, mais elle peut fournir une évaluation plus précise du risque.

Méthodes rapides et outils de dépistage

Les techniques instrumentales de laboratoire restent indispensables pour confirmer les résultats, mais elles sont parfois coûteuses et longues. C’est pourquoi des solutions rapides se développent :

  • immunoessais ;
  • biocapteurs ;
  • tests enzymatiques ;
  • spectroscopie infrarouge ;
  • spectroscopie Raman ;
  • dispositifs fondés sur des nanomatériaux ;
  • analyses d’images et modèles d’apprentissage automatique.

Ces outils peuvent être utilisés pour effectuer un premier tri directement sur le terrain ou dans des laboratoires disposant de moyens limités. Leur principal défi reste la validation. Une méthode rapide doit être comparée à une méthode de référence et démontrer une sensibilité, une sélectivité et une robustesse suffisantes.

Validation et assurance qualité

La détection d’un contaminant ne se limite pas à obtenir un signal. La méthode doit être validée selon plusieurs critères :

  • la sélectivité ;
  • la linéarité de la réponse ;
  • la limite de détection ;
  • la limite de quantification ;
  • l’exactitude ;
  • la précision et la répétabilité ;
  • le taux de récupération ;
  • la stabilité des analytes ;
  • les effets de matrice ;
  • la robustesse du protocole.

Les laboratoires utilisent également des blancs, des échantillons enrichis, des matériaux de référence et des contrôles internes. Lorsque les concentrations sont très faibles, l’emploi d’étalons internes, notamment d’analogues isotopiquement marqués, contribue à compenser les variations liées à l’extraction et à l’instrumentation.

Vers une surveillance plus intégrée

Une stratégie efficace ne repose pas sur une seule méthode. Elle associe généralement un dépistage rapide à une confirmation par chromatographie ou spectrométrie de masse. Pour les métaux, les techniques de spectrométrie atomique complètent les analyses organiques.

L’approche la plus pertinente dépend de l’objectif : contrôler la conformité réglementaire, rechercher un large éventail de résidus, identifier une source de contamination ou étudier l’origine géographique du miel. Le plan d’échantillonnage est tout aussi important que la méthode analytique. Il doit tenir compte de la saison, de la localisation des ruches, des pratiques agricoles et de la variabilité entre lots.

Principaux défis à relever

Plusieurs difficultés restent au centre des recherches :

  1. Analyser simultanément des contaminants très différents, avec des propriétés chimiques et des niveaux de concentration variables.
  2. Réduire les effets de matrice liés à la forte teneur en sucres et aux composés naturels du miel.
  3. Détecter les produits de transformation, qui peuvent être plus persistants ou plus toxiques que les molécules initiales.
  4. Améliorer la rapidité des analyses sans compromettre la fiabilité des résultats.
  5. Harmoniser les protocoles afin de rendre les résultats comparables entre laboratoires et entre pays.
  6. Réduire l’impact environnemental des méthodes en limitant les solvants, les consommables et la consommation énergétique.

Conclusion

La surveillance des pesticides, des antibiotiques et des métaux lourds dans le miel repose sur un ensemble complémentaire de techniques. La chromatographie couplée à la spectrométrie de masse demeure la référence pour de nombreux contaminants organiques, tandis que l’ICP-MS, l’ICP-OES et la spectrométrie d’absorption atomique sont particulièrement adaptées aux éléments métalliques.

Les progrès portent désormais sur les analyses multirésidus, la spectrométrie haute résolution, les méthodes rapides et les solutions plus durables. En combinant une préparation d’échantillon rigoureuse, des instruments performants et une validation solide, les laboratoires peuvent mieux garantir la qualité du miel et suivre l’évolution des contaminations dans les écosystèmes apicoles.

Authentification du miel et détection de l’adultération : techniques spectroscopiques et chimiométrie

Authenticité et Adultération du Miel : Apports des Techniques Spectroscopiques et des Outils Chimiométriques

Introduction

L’authenticité du miel et la détection de son adultération constituent un enjeu crucial pour la sécurité alimentaire et la confiance des consommateurs. Ces dernières années, la prolifération d’adultérations sophistiquées menace l’intégrité du miel sur les marchés mondiaux. Face à cela, les méthodes traditionnelles de détection se révèlent souvent insuffisantes. Cet article explore l’utilisation des techniques spectroscopiques couplées à des outils chimiométriques pour assurer l’authentification du miel et identifier des pratiques frauduleuses.

Enjeux de l’Authenticité du Miel

La demande croissante et les prix élevés du miel rendent ce produit vulnérable à divers types de falsifications :

  • Mélange avec des sirops exogènes (maïs, riz, canne, etc.)
  • Ajout de sucres invertis ou raffinés
  • Modification des propriétés organoleptiques par des additifs

Garantir l’authenticité du miel nécessite donc d’identifier rapidement et de façon fiable ces adultérations, même à faible concentration.

Techniques Traditionnelles d’Analyse

Les méthodes analytiques conventionnelles comprennent la chromatographie, la spectrométrie de masse et l’analyse enzymatique. Ces approches, bien qu’efficaces, sont souvent fastidieuses, coûteuses et requièrent une main-d’œuvre qualifiée. De plus, elles ne permettent pas toujours une discrimination rapide entre le miel pur et adultéré.

Apports des Techniques Spectroscopiques

Les techniques spectroscopiques, notamment la spectroscopie infrarouge à transformée de Fourier (FTIR), la spectroscopie proche infrarouge (NIR), la spectroscopie Raman et la spectroscopie UV-Visible, se sont imposées comme des outils prometteurs pour l’authentification du miel. Elles présentent de nombreux avantages :

  • Analyse rapide, non destructive et nécessitant peu d’échantillons
  • Sensibilité à diverses composantes chimiques et structurelles
  • Possibilité d’appliquer des analyses multivariées pour la détection de signatures subtiles

Spectroscopie Infrarouge (FTIR, NIR)

La FTIR et la NIR offrent la capacité d’identifier les signatures spectrales caractéristiques du miel et de ses éventuels adultérants. Grâce à l’analyse des bandes d’absorption moléculaire, il est possible de distinguer différents types de sucres, d’acides aminés et de composés volatils.

Spectroscopie Raman

La spectroscopie Raman se distingue par sa sensibilité aux liaisons chimiques spécifiques et permet de décrypter la composition fine du miel sans destruction de l’échantillon.

Chimiométrie : Multiplicateur de Performance

L’interprétation de la grande quantité de données spectrales requiert des outils statistiques avancés. La chimiométrie, qui englobe des méthodes telles que l’analyse en composantes principales (ACP), la régression sur vecteurs de support (RVS) et l’analyse discriminante, s’avère indispensable. Ces algorithmes permettent de :

  • Détecter et discriminer les échantillons purs des échantillons altérés
  • Quantifier la concentration d’adultérants dans les mélanges
  • Classer le miel selon son origine botanique ou géographique

Applications et Résultats Récents

Des études récentes montrent que l’association de la spectroscopie et de la chimiométrie permet :

  • Une authentification fiable du miel et la détection d’adultérations à des niveaux inférieurs à 10% de sirop ajouté
  • Une différenciation efficace entre miels mono- et multifloraux
  • L’identification de la provenance, y compris par la reconnaissance des profils phytogéographiques

Par exemple, la combinaison de la FTIR ou du NIR avec l’ACP a permis d’atteindre des taux de classification corrects supérieurs à 90% pour l’authenticité et la caractérisation du miel.

Limites et Perspectives

Si les méthodes spectroscopiques couplées à la chimiométrie offrent un potentiel élevé, certaines limites persistent :

  • Nécessité d’importantes bases de données de spectres de référence pour couvrir la diversité des miels
  • Influence possible de la matrice complexe du miel sur les résultats
  • Besoin d’étalonnage régulier et d’adaptation aux spécificités régionales

L’intégration de techniques spectroscopiques complémentaires et le raffinement des algorithmes chimiométriques devraient permettre de lever ces obstacles et d’accroître la robustesse des analyses.

Conclusion

La lutte contre l’adultération du miel passe par l’adoption de méthodes rapides, fiables et non destructives. Les techniques spectroscopiques, lorsqu’elles sont conjuguées à la puissance de la chimiométrie, représentent aujourd’hui la voie la plus efficace pour l’authentification à grande échelle du miel. Leur utilisation systématique pourrait révolutionner la traçabilité et la valorisation du miel, tout en préservant la qualité et la sécurité alimentaire.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0889157526003686

Détection efficace du chloramphénicol dans le lait et le miel par capteurs électrochimiques

Détection du Chloramphénicol dans le Lait et le Miel par Capteurs Électrochimiques

Introduction

La surveillance des résidus d'antibiotiques, notamment le chloramphénicol (CAP), dans les produits alimentaires tels que le lait et le miel, est cruciale pour garantir la sécurité alimentaire et la santé humaine. Le chloramphénicol, bien que son usage soit strictement réglementé dans l'industrie agroalimentaire à cause de ses effets toxiques potentiels, demeure parfois détecté illicitement dans ces matrices. Les méthodes analytiques classiques présentent des limites tant sur le plan de la sensibilité que de la rapidité, d'où l'intérêt croissant pour les capteurs électrochimiques innovants.

Revue des Méthodes de Détection Traditionnelles

Les techniques conventionnelles incluent la chromatographie liquide à haute performance (HPLC), la spectrométrie de masse (MS), et la chromatographie en phase gazeuse (GC). Ces méthodes, bien qu’efficaces, nécessitent des protocoles d’extraction et de purification complexes, un équipement coûteux et du personnel hautement qualifié. Par ailleurs, leur capacité à fournir une détection de terrain rapide est limitée, ce qui complique la surveillance immédiate des produits alimentaires sur le site de production.

Avantages des Capteurs Électrochimiques

Les capteurs électrochimiques offrent une alternative attrayante grâce à leur grande sensibilité, leur rapidité de réponse, leur coût réduit, ainsi que la possibilité de miniaturisation et de portabilité. Ces capteurs fonctionnent en enregistrant les changements de courant électrique ou de potentiel lorsque le chloramphénicol interagit avec une surface électroactive modifiée, traduisant ainsi la présence et la concentration de l'antibiotique dans l’échantillon analysé.

Types de Capteurs Électrochimiques Utilisés

  • Capteurs à électrodes modifiées par nanomatériaux : L'utilisation de nanotubes de carbone, de nanoparticules métalliques ou d'électrodes à base de graphène améliore la conductivité ainsi que la sensibilité vis-à-vis du CAP.
  • Biosenseurs électrochimiques : Ces dispositifs exploitent la spécificité de reconnaissance biologique, comme les enzymes ou les anticorps couplés à des transducteurs électrochimiques, assurant une grande sélectivité face aux autres composés présents dans le lait et le miel.
  • Capteurs à base de polymères conducteurs : Les films de polymères tels que la polyaniline ou la polypyrrole, dopés avec divers agents, permettent l'immobilisation du CAP et amplifient la réponse du capteur.

Détectabilité du Chloramphénicol dans le Lait

Les matrices du lait présentent une complexité due à la présence de protéines, lipides et autres substances interférentes. Les capteurs électrochimiques dédiés intègrent souvent une étape de prétraitement comme la précipitation des protéines ou l’extraction sur phase solide. Avec ces innovations, les limites de détection (LOD) rapportées se situent souvent dans la gamme du nanomolaire, nettement inférieures aux seuils réglementaires fixés pour la sécurité alimentaire. Des expériences ont démontré une bonne reproductibilité et une excellente conformité lors d’analyses multi-échantillons.

Détection dans le Miel

Le miel représente un défi analytique particulier en raison de sa composition visqueuse et de la présence de sucres complexes. Certains capteurs utilisent en complément des membranes sélectives permettant la réduction des interférences issues du glucose et du fructose. Grâce à ces aménagements, les niveaux résiduels de chloramphénicol peuvent être détectés même à de très faibles concentrations, tout en assurant une grande précision et un faible taux de faux positifs.

Validation et Évaluations Comparatives

L'évaluation des capteurs s’appuie sur la comparaison avec les méthodes classiques telles que la HPLC-MS/MS. Les résultats obtenus démontrent une corrélation significative, validant l'efficacité et la fiabilité de l’approche électrochimique. De plus, ces capteurs sont capables de fournir des résultats en temps réel, réduisant ainsi considérablement le délai d'obtention du diagnostic.

Perspectives et Nouvelles Avancées

Les efforts actuels de recherche portent sur l’intégration d’intelligence artificielle et de dispositifs connectés pour la lecture des données en temps réel, facilitant ainsi le contrôle en continu dans les chaînes de production. L’amélioration de la sélectivité grâce à la conception de biocapteurs multi-analytes est également envisagée, permettant une surveillance simultanée de plusieurs contaminants.

Conclusion

L’analyse du chloramphénicol dans le lait et le miel via des capteurs électrochimiques représente une avancée majeure pour la sécurité alimentaire. Leur simplicité d’utilisation, leur coût abordable, et leur adaptabilité à des environnements variés en font des outils de choix pour la détection rapide et fiable de cet antibiotique interdit. Ces technologies ouvrent la voie à une surveillance renforcée, gage d’une meilleure protection du consommateur.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0889157526000220?dgcid=rss_sd_all

Techniques analytiques avancées pour la détection des PFAS dans le miel

Développement de méthodes analytiques pour la détection des PFAS dans le miel

Introduction

La préoccupation croissante concernant l'exposition humaine aux substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) a incité la communauté scientifique à développer des moyens fiables pour détecter ces contaminants dans divers aliments. Le miel, reconnu pour sa composition complexe et sa capacité à refléter la contamination environnementale, est devenu un excellent indicateur pour surveiller la présence de PFAS. Cette ressource propose un résumé des approches analytiques permettant de détecter les PFAS dans le miel avec une haute fidélité, tout en mettant l'accent sur l'importance de la préparation d'échantillons et l'optimisation de la détection chromatographique.

Particularités analytiques des PFAS dans le miel

Les PFAS sont des composés caractérisés par leur grande stabilité chimique, attribuable à la force des liaisons carbone-fluor, rendant leur détection exigeante dans des matrices alimentaires telles que le miel. Celui-ci, riche en sucres et en composants organiques divers, risque d’interférer avec la quantification précise des PFAS, en augmentant les effets de matrice. Par conséquent, la mise au point d’une méthode analytique requiert des étapes rigoureuses de purification et d’extraction.

Extraction et purification

Pour parvenir à une détection fiable, l’échantillon de miel doit d’abord subir une extraction liquide-liquide ou solide-liquide permettant d’isoler les PFAS du reste de la matrice. Des solvants polaires tels que le méthanol sont couramment employés, suivis d’étapes de purification impliquant des cartouches d’extraction en phase solide (SPE) adaptées pour retenir les contaminants cibles tout en éliminant un maximum de composés sucrés et interférents.

  • Extraction solide-liquide (SLE) : permet de séparer efficacement les PFAS de la matrice sucrée.
  • Extraction en phase solide (SPE) : assure une purification supplémentaire, avec des sorbants spécifiques (e.g. WAX, HLB) optimisés pour les PFAS.

Prévention de la contamination et contrôle qualité

Les PFAS sont omniprésents dans l’environnement de laboratoire, de sorte qu’il est impératif que chaque étape du protocole inclue l’utilisation de matériels exempts de PFAS, à l’exclusion des ustensiles PTFE ou des produits pouvant relâcher ces substances. L’emploi de témoins blancs, d’étalons internes marqués isotopiquement et la validation par récupération sont essentiels pour garantir la fiabilité du rendu analytique.

Optimisation chromatographique pour les PFAS

La détection performante des PFAS nécessite un couplage entre la chromatographie en phase liquide à ultra-haute performance (UHPLC) et la spectrométrie de masse en tandem (MS/MS). Cette configuration offre sensibilité, sélectivité et rapidité, permettant le repérage de PFAS à l’état de traces.

Conditions chromatographiques

L’utilisation de colonnes C18 ou de phases mixtes adaptées est fréquente. Les phases mobiles sont formulées à base de mélanges méthanol/eau additionnés d’acides (par ex. acide formique) et de sels tampon pour promouvoir l’ionisation des PFAS en mode électrospray.

Spectrométrie de masse

La méthode MS/MS permet une identification spécifique à travers des transitions d’ions multiples (MRM), optimisées pour chaque PFAS. L’utilisation systématique d’étalons internes marqués stable assure l’exactitude de la quantification, en neutralisant les variations de récupération et les effets de matrice.

Validation, limites et sensibilité

La méthodologie développée doit répondre aux exigences de validation analytique :

  • Linéarité : aptitude à quantifier les PFAS sur une large gamme de concentrations.
  • Limite de détection (LOD) et de quantification (LOQ) : valeurs spécifiques, généralement en gammes ppt (parties par trillion), requises pour assurer la sensibilité attendue pour le miel.
  • Précision et exactitude : vérifiées par l’analyse répétée d’échantillons fortifiés.
  • Effets de matrice : évalués via l’ajout d’étalons post-extraction, pour ajuster la réponse instrumentale.

Applications et perspectives

La surveillance des PFAS dans le miel fournit de précieuses informations sur la dispersion environnementale de ces composés et leur potentiel de transfert dans la chaîne alimentaire. La méthode développée ouvre ainsi la voie à des contrôles réglementaires renforcés et à l’amélioration de la sécurité des produits apicoles. En affinant constamment les instruments et les protocoles de purification, la sensibilité et la robustesse de la détection des PFAS dans des matrices complexes telles que le miel continueront de progresser, permettant une meilleure protection du consommateur.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0889157526000682?dgcid=rss_sd_all