Mise à jour de l’évaluation des risques : Dioxines et PCB de type dioxine dans les aliments et les aliments pour animaux
Mise à jour de l'évaluation des risques liés aux dioxines et aux PCB de type dioxine dans les aliments pour animaux et les denrées alimentaires
Introduction
Les dioxines et les polychlorobiphényles (PCB) de type dioxine sont des contaminants environnementaux persistants suscitant des préoccupations majeures pour la santé publique et animale. Ce rapport propose une actualisation approfondie de l'évaluation des risques liés à la présence de ces substances dans les aliments destinés aux humains et aux animaux.
Caractéristiques des dioxines et PCB de type dioxine
Les dioxines regroupent principalement les polychlorodibenzo-p-dioxines (PCDD) et polychlorodibenzofuranes (PCDF), tandis que les PCB de type dioxine représentent une catégorie spécifique de PCB partageant une structure et des effets toxicologiques similaires à ceux des dioxines. Toutes ces substances sont lipophiles, persistantes dans l'environnement et s'accumulent dans les tissus gras des êtres vivants.
Principales sources de contamination
- Émissions industrielles : incinération des déchets, métallurgie.
- Transport atmosphérique : dépôts sur les cultures et pâturages, entraînant une contamination indirecte des productions animales et végétales.
- Utilisation historique des PCB : fluides industriels, additifs plastiques.
Voies d'exposition
L'exposition humaine découle principalement de la consommation de produits d'origine animale (poissons, viandes, laitages, œufs) en raison de la bioaccumulation de ces composés dans la chaîne alimentaire. Chez les animaux, l'exposition provient essentiellement de l'ingestion d'aliments contaminés.
Absorption et métabolisme
Les dioxines sont hautement résistantes à la dégradation biologique. Après absorption, elles se répartissent principalement dans le tissu adipose et ne sont que lentement éliminées.
Évaluation du risque toxicologique
Effets sanitaires observés
Des études toxicologiques et épidémiologiques ont mis en évidence différents effets nocifs des dioxines et PCB de type dioxine :
- Perturbations du système immunitaire
- Effets sur la reproduction
- Altérations du développement
- Cancers
- Troubles métaboliques et hormonaux
Nouvelle dose tolérable hebdomadaire (DTH)
Sur la base des avancées scientifiques, le groupe scientifique recommande une révision de la dose tolérable hebdomadaire (DTH) pour ces composés. Cette mise à jour s'appuie sur l'analyse de la diminution de la concentration de testostérone sérique chez les adolescents, effet jugé critique pour la protection de la population.
Nouvelle DTH recommandée :
- Dioxines et PCB de type dioxine combinés : 2 picogrammes d'équivalents toxiques (TEQ/kg de poids corporel/semaine)
Cette valeur, plus stricte que les précédentes, reflète une sensibilité accrue aux effets délétères à long terme, en particulier pendant les phases de développement.
Données de surveillance et expositions réelles
Les analyses récentes révèlent une tendance générale à la baisse des niveaux de dioxines dans les aliments et aliments pour animaux au sein de l'Union européenne ces deux dernières décennies. Toutefois, certains groupes de population, notamment les enfants forts consommateurs de produits gras d’origine animale, continuent de dépasser la DTH proposée.
Échantillons analysés :
- Lait, laitages
- Poisson, produits de la mer
- Viande, abats
- Œufs
- Aliments pour animaux destinés à l’élevage
Résultats clés :
- Poissons gras : source primaire d’exposition aux dioxines
- Produits laitiers : deuxième contributeur chez les enfants
- Œufs et volailles : contributions non négligeables chez certains sous-groupes
Conséquences pour la santé publique et recommandations
La mise à jour des valeurs de référence amène à renforcer la surveillance et les mesures de gestion des risques :
- Réduire l’exposition aux dioxines et PCB dans l’alimentation, notamment par le contrôle des sources d’émission et la gestion des pratiques agricoles et alimentaires.
- Cibler les populations vulnérables : encourager une consommation diversifiée et adapter l’alimentation des enfants, des femmes enceintes et allaitantes.
- Maintenir la vigilance sur les lots dépassant les seuils et continuer les campagnes de suivi analytique à l’échelle européenne.
Perspectives de gestion et axes de recherche futurs
- Développement d’outils analytiques encore plus sensibles pour détecter de faibles concentrations.
- Recherche sur des stratégies d’atténuation dans la production animale et végétale.
- Évaluation de l’effet cumulatif avec d’autres polluants organiques persistants.
- Renforcer la coopération européenne pour harmoniser les seuils et les stratégies de contrôle.
Conclusion
La réactualisation de l’évaluation des risques affirme la nécessité d’une vigilance renforcée malgré les progrès réalisés. L’exposition cumulée, notamment par le poisson, reste préoccupante pour certains groupes sensibles. L’accent doit être mis sur la prévention, l’éducation alimentaire et l’amélioration constante des outils de surveillance, en préservant une approche scientifique rigoureuse et adaptative.
Source : https://ft.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.2903/j.efsa.2026.10103

