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Planches à découper et contamination à l’histamine dans les filets de poisson : l’enjeu insoupçonné

Les planches à découper : Un réservoir sous-estimé de bactéries productrices d’histamine et un vecteur de contamination pour les filets de poisson

Introduction

La sécurité alimentaire est un enjeu majeur dans la transformation et la distribution des produits de la mer, notamment en raison de la formation d’histamine lors d'une mauvaise manipulation du poisson. L’histamine, responsable de l’intoxication dite « Scombroïde », est principalement produite par des bactéries spécifiques. Cette étude iranienne publiée dans ScienceDirect explore un aspect encore peu étudié : le rôle des planches à découper comme source de bactéries hautement productrices d’histamine et, par conséquent, leur contribution au risque de contamination des filets de poisson.

Méthodologie de l’étude

Pour comprendre la dynamique de contamination croisée, les chercheurs ont collecté 150 échantillons de planches à découper utilisées dans des marchés aux poissons iraniens, ainsi que des échantillons de filets de poisson manipulés sur ces surfaces. L'accent a été mis sur l’identification, l’isolement et la quantification des bactéries productrices d’histamine, à l’aide de méthodes microbiologiques classiques et de tests biochimiques ciblés.

Les planches à découper ont été nettoyées selon les pratiques standard des marchés, puis testées avant et après manipulation des filets. La charge bactérienne et la capacité des souches isolées à produire de l’histamine ont été mesurées via culture sur milieux sélectifs et dosage de l’histamine par chromatographie liquide à haute performance (HPLC).

Résultats : Prévalence des bactéries productrices d’histamine

Les analyses ont révélé que plus de 60% des planches à découper hébergeaient des bactéries productrices d’histamine en quantités significatives. Les principales espèces identifiées étaient Morganella morganii, Klebsiella pneumoniae et Proteus vulgaris, reconnues pour leur capacité à décarboxyler l’histidine.

Sur les filets de poisson ayant transité par ces planches, la présence d’histamine était corrélée à la densité bactérienne retrouvée sur les surfaces. Plus alarmant encore, les concentrations d’histamine générées par ces souches pouvaient dépasser le seuil réglementaire de sécurité fixé pour la consommation humaine, augmentant significativement les risques sanitaires.

Persistance bactérienne et résistance au nettoyage

L’étude rapporte que de nombreuses souches isolées démontraient une forte capacité d’adhésion et de persistance malgré des protocoles de nettoyage standards. Les planches à base de bois présentaient une contamination plus importante que celles en plastique, probablement en raison de la porosité et de la capacité du bois à retenir l’humidité — favorisant la survie bactérienne. Cependant, aucune surface testée n’était totalement exempte de bactéries productrices d’histamine après nettoyage.

Mécanismes de transfert et implications pratiques

Les mécanismes de contamination croisée ont été observés expérimentalement chez les filets de poisson : la manipulation simple sur des planches contaminées suffisait à transférer rapidement d’importantes populations bactériennes, initiant un processus accéléré de formation d’histamine lors du stockage à température ambiante ou réfrigérée.

Cette situation est aggravée dans les contextes où une hygiène rigoureuse et un renouvellement régulier des planches à découper ne sont pas assurés, particulièrement sur les marchés de détail et dans la petite restauration.

Recommandations pour l’industrie et la sécurité sanitaire

Face à ce risque tangible, l’étude recommande :

  • L’adoption de procédures renforcées de nettoyage et désinfection des planches à découper : utilisation de solutions désinfectantes efficaces sur les bactéries productrices d’histamine.
  • Le choix de matériaux de planches faciles à nettoyer et moins susceptibles de retenir des bactéries : le plastique lisse ou l’acier inoxydable étant à privilégier lorsque c’est possible.
  • La formation du personnel de vente et de transformation du poisson sur les risques liés à la contamination croisée et sur les bonnes pratiques d’hygiène.
  • La rotation fréquente des planches à découper et leur remplacement dès apparition de fissures ou usure excessive.
  • Un contrôle microbiologique régulier sur les surfaces et produits finis pour surveiller la présence de germes spécifiques producteurs d’histamine.

Conclusion

Les planches à découper constituent un vecteur négligé mais critique de transfert de bactéries productrices d’histamine dans la chaîne de transformation du poisson. L’étude met en lumière la nécessité d’une gestion stricte des surfaces de découpe, aussi bien dans la transformation industrielle que dans les marchés de détail. Un contrôle accru de l’hygiène, associé à l’éducation des opérateurs, se révèle fondamental pour limiter le développement d’histamine et prévenir les intoxications alimentaires.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0023643826000277?dgcid=rss_sd_all

Détection rapide de l’histamine dans la viande de poisson : Carte double mode sur papier pour analyses en temps réel

Carte double mode sur papier pour la détection en temps réel de l'histamine dans la viande de poisson

Introduction

L’histamine, molécule issue de la dégradation de l’histidine dans les produits de la mer, constitue un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire. Sa présence excessive dans le poisson peut entraîner des intoxications alimentaires graves. La mise au point de méthodes d’analyse rapides, précises et accessibles est essentielle pour garantir la qualité des denrées périssables d’origine marine. Dans cet esprit, une carte de détection double mode sur substrat papier a été développée, offrant un outil novateur capable d’identifier l’histamine en temps réel dans la viande de poisson.

Conception et principe de la carte

La carte repose sur une plateforme simple en papier comportant deux modes de lecture — colorimétrique et fluorimétrique. Cette double approche offre une fiabilité accrue et permet une quantification rapide de l’histamine. Les zones réactives sont préparées à partir de réactifs spécifiques à l’histamine, intégrés directement dans le réseau capillaire du papier, ce qui permet une réaction immédiate au contact de l’échantillon.

Matériaux et procédés de fabrication

La sélection du papier est déterminante pour assurer une migration optimale des liquides et la stabilité des réactifs. Les membranes en cellulose, modifiées par impregnation contrôlée de réactifs chromogènes et fluorogènes spécifiques, favorisent deux lectures complémentaires :

  • Signal colorimétrique : apparition d’une couleur visible à l’œil nu, proportionnelle à la concentration en histamine.
  • Signal fluorimétrique : émission lumineuse mesurée à l’aide d’un simple dispositif portable, apportant une sensibilité supplémentaire.
    Cette combinaison apporte une redondance utile, minimisant les faux positifs ou négatifs.

Méthodologie de détection

L’opérateur prélève un fragment de la viande de poisson à analyser et le place sur la carte. Après quelques minutes, la carte affiche un changement de couleur visible, rapidement quantifiable soit par observation directe, soit via une application smartphone mesurant l’intensité colorimétrique. Simultanément, une source de lumière UV standard permet l’activation du fluorophore et la détection d’un signal fluorescent, augmentant la fiabilité de l’essai.

Réactivité et spécificité des essais

Le système réactif de la carte repose sur l’emploi d’enzymes et de colorants sélectionnés pour leur haute affinité à l’histamine. Des essais comparatifs ont été menés avec d’autres amines biogènes couramment présentes dans la viande de poisson pour valider la spécificité de la réaction. Les résultats montrent une excellente sélectivité : seules des concentrations significatives d’histamine entraînent la formation d’un signal net, excluant les interférences potentielles.

Applications et performance

Limites de détection et temps de réponse

La carte double mode sur papier présente une limite de détection inférieure à 10 mg/kg, se conformant aux normes réglementaires internationales pour la sécurité alimentaire des produits de la mer. Le temps de réponse, ne dépassant pas cinq minutes, positionne cette solution comme l'une des plus rapides du marché pour le dépistage sur site de l’histamine.

Stabilité et conservation

Les cartes peuvent être stockées à température ambiante pendant plusieurs semaines sans perte significative d’efficacité, grâce à la stabilisation des réactifs dans la matrice cellulosique. Ceci rend leur utilisation possible directement sur le terrain, sans besoin d’équipements sophistiqués ou de stockage réfrigéré.

Validation sur matrices réelles

Des essais sur des échantillons de viande de poisson fraîche et conservée ont démontré la capacité de la carte à détecter des niveaux variables d’histamine, confirmant la robustesse des mesures, y compris en présence d’autres constituants alimentaires. Les quantifications obtenues ont été systématiquement confrontées à des méthodes de référence telles que la chromatographie en phase liquide, avec des résultats concordants.

Avantages pour le contrôle qualité alimentaire

  • Portabilité : dispositif compact, léger, utilisable sur les lieux de production, transformation ou distribution.
  • Simplicité d’utilisation : protocole réduit à un dépôt direct d’échantillon, sans manipulation complexe.
  • Double validation : croisement de deux modalités de détection pour renforcer la fiabilité.
  • Faible coût : matériaux bruts peu onéreux et réactifs facilement disponibles.

Perspectives d’évolution

Compte tenu de son adaptabilité, la plateforme pourrait, à court terme, être déclinée pour la détection d’autres amines biogènes ou contaminants alimentaires critiques. L’intégration avec des dispositifs connectés pour la quantification automatique ouvre des perspectives vers des outils d’alerte ou de traçabilité en temps réel dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire.

Conclusion

La carte double mode sur papier représente une avancée significative en matière de détection de l’histamine dans la viande de poisson. Cette technologie associe rapidité, simplicité et précision, offrant un support décisif pour le contrôle qualité et la sécurité sanitaire des produits de la mer. Son déploiement généralisé permettra une surveillance efficace, prompte et fiable tout au long de la chaîne alimentaire, depuis la capture jusqu’à la distribution finale.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0026265X26002778?dgcid=rss_sd_all

Impact des traitements thermiques sur les résidus d’érythromycine dans la chair de turbot : enjeux pour la sécurité alimentaire

Influence des Traitements Thermiques sur les Résidus d'Érythromycine dans la Chair de Turbot : Impacts sur la Sécurité Alimentaire

Introduction

L’usage d’antibiotiques, tels que l’érythromycine, est courant dans l’aquaculture moderne pour prévenir et traiter les infections bactériennes. Leur présence résiduelle dans les produits aquacoles soulève cependant des préoccupations majeures en matière de sécurité alimentaire et de santé publique. Cette étude examine l’impact de divers procédés thermiques — bouillir, cuire à la vapeur, cuire au four et griller — sur la réduction des résidus d’érythromycine dans la chair du turbot (Scophthalmus maximus). L’objectif principal est d’offrir une analyse approfondie sur la manière dont ces méthodes de cuisson affectent la dissipation de l’antibiotique, tout en évaluant les conséquences potentielles pour la santé humaine.

Matériaux et Méthodes

Sélection des Échantillons et Procédures Préparatoires

Des turbots présentant des niveaux connus de résidus d’érythromycine ont été utilisés. La concentration initiale d’érythromycine dans la chair a été précisément mesurée par HPLC-UV, garantissant le suivi fiable des modifications subséquentes.

Protocoles de Traitement Thermique

Les filets de turbot ont été soumis à quatre traitements distincts :

  • Ébullition : cuisson dans l’eau bouillante entre 5 et 20 minutes.
  • Cuisson à la vapeur : exposition à la vapeur saturée sur la même plage de temps.
  • Grillage : passage sur un gril préchauffé à température contrôlée.
  • Cuisson au four : exposition à la chaleur sèche dans un four réglé.

Des échantillons ont été collectés à intervalles prédéterminés pour analyser la persistance des résidus.

Analyse des Résidus d’Érythromycine

Des dosages analytiques post-traitement ont été réalisés à l’aide de la chromatographie liquide à haute performance (HPLC) couplée à la détection UV, permettant de quantifier précisement les niveaux d’antibiotique restants dans la matrice alimentaire.

Résultats Principaux

Réduction des Résidus d’Érythromycine selon le Mode de Cuisson

  • Ébullition : Ce procédé montre la plus forte efficacité, avec des taux de réduction dépassant 60% après 20 minutes. L’immersion dans l’eau favorise le transfert de l’érythromycine hydrosoluble vers le liquide de cuisson, accélérant ainsi l’élimination.

  • Cuisson à la vapeur : Bien que performante, elle demeure moins efficace que l’ébullition, offrant une diminution autour de 45% à 20 minutes. L’absence de contact direct avec l’eau limite la dissolution.

  • Grillage : Le taux de réduction observé avoisine 35%, attribuable à une évaporation partielle et à la dégradation thermique.

  • Cuisson au four : Les performances sont comparables à celles du grillage, avec des réductions généralement inférieures à 40%.

Dépendance à la Durée et à la Température

L’ensemble des méthodes révéle une corrélation directe entre la durée de traitement et la baisse de la concentration d’érythromycine. Cependant, des plateaux d’efficacité sont atteints, probablement en raison de la saturation du processus de transfert et de dégradation.

Discussion

Mécanismes de Dissipation

Plusieurs phénomènes expliquent la dissipation des résidus :

  • Solubilisation dans l’eau (ébullition)
  • Dégradation thermique liés à la décomposition moléculaire à haute température
  • Migration vers les fluides de cuisson

La solubilisation constitue le facteur prédominant lors de l’ébullition, contrairement aux processus plus lents de la cuisson sèche.

Impact sur la Sécurité Alimentaire

Malgré des diminutions notables des concentrations d’érythromycine, aucun des procédés n’élimine totalement les résidus. Certains niveaux détectés dépassent toujours le seuil maximal de résidu (LMR) autorisé par la réglementation européenne (100 µg/kg), soulignant la nécessité d’établir de meilleurs protocoles de gestion pour limiter les risques pour le consommateur.

Recommandations et Perspectives

  1. Optimisation des temps de cuisson : Prolonger la durée de certains traitements, en particulier l’ébullition, peut significativement accroître la dissipation des résidus.
  2. Pratiques d’élevage raisonnées : Limiter le recours à l’érythromycine en aquaculture, tout en respectant les périodes de retrait, reste incontournable.
  3. Nécessité d’études complémentaires : Évaluer l’impact de traitements culinaires combinés et la formation de sous-produits potentiellement toxiques.

Conclusion

Les procédés thermiques standards induisent une réduction significative, mais incomplète, des résidus d’érythromycine dans le turbot. L’ébullition se distingue par son efficacité, mais seule une gestion intégrée combinant bonnes pratiques aquacoles et méthodes culinaires appropriées peut garantir la sécurité sanitaire des produits de la mer destinés à la consommation humaine. En définitive, ces résultats invitent à une surveillance accrue des résidus vétérinaires et à une adaptation des stratégies réglementaires.

Source : https://www.mdpi.com/2304-8158/15/4/724

Acide acétique et sel : efficacité comparative sur la survie d’Anisakis simplex L3 in vitro

Survie d’Anisakis simplex L3 exposé à l’acide acétique et au chlorure de sodium in vitro

Introduction

La parasitose par Anisakis simplex, un nématode marin, préoccupe l’industrie agroalimentaire et le secteur médical en raison des risques d’allergies et d’affections gastro-intestinales associées à sa consommation dans des produits de la mer. Alors que de nombreuses méthodes sont employées pour neutraliser ces larves, la compréhension précise de leur viabilité sous différents traitements chimiques s’avère capitale. Cet article explore systématiquement la survie in vitro des larves L3 d’Anisakis simplex après exposition à diverses concentrations d’acide acétique et de chlorure de sodium (sel de table), deux agents largement utilisés pour la conservation et la préparation du poisson.

Objectifs de l’étude

L’étude visait à :

  • Évaluer la survie des larves L3 d’Anisakis simplex après exposition directe à des solutions d’acide acétique et de chlorure de sodium.
  • Déterminer l’influence de la concentration et du temps d’exposition sur la mortalité des parasites.
  • Fournir des indications pour des pratiques de sécurité alimentaire, particulièrement dans la filière poissonnière.

Matériel et Méthodes

Collecte et préparation des larves

Des larves vivantes du stade L3 d’Anisakis simplex ont été extraites de poissons marins infectés, puis identifiées et isolées. Après une acclimatation in vitro, elles ont été réparties en différents groupes expérimentaux pour garantir une homogénéité d’exposition.

Protocoles d’exposition chimique

Des solutions d’acide acétique de différentes concentrations (0,1 %, 0,5 %, 1 %, 2 %, 5 %, 10 %) et de chlorure de sodium (5 %, 10 %, 20 %) ont été préparées. Les larves ont été immergées séparément dans ces milieux, puis observées à intervalles réguliers (30 minutes, 1 heure, 2 heures, jusqu’à 24 heures).

Suivi et critères de mortalité

La viabilité des larves a été évaluée par observation au microscope, en notant la motilité comme indicateur principal de survie. L’absence totale de mouvement, même après stimulation, a été considérée comme un critère de mort.

Résultats

Action de l’acide acétique

La mortalité des larves augmentait rapidement avec la concentration d’acide acétique :

  • À 0,1 % et 0,5 % : peu d’effet létal, la majorité des larves restaient actives après 24 heures.
  • À 1 % : une réduction modérée de la mobilité a été observée, mais une proportion significative de larves survivait encore.
  • À 2 % et 5 % : une mortalité supérieure à 90 % était constatée après 1 à 2 heures, confirmant l’efficacité de ces dosages.
  • À 10 % : toutes les larves ont été rapidement inactivées, la majorité ne montrant plus aucun signe d’activité dès 30 minutes.

Action du chlorure de sodium

Les résultats montraient une tolérance notable des larves L3 à différentes concentrations salines :

  • À 5 % : la majorité des larves survivaient sur la totalité de la période d’exposition.
  • À 10 % : légère diminution de la survie mais aucune mortalité significative.
  • À 20 % : diminution accrue de la motilité, mais un pourcentage de larves restait viable même après 24 heures.

Comparaison et implication des résultats

Globalement, l’acide acétique s’est révélé nettement plus destructeur que le sel, avec une mortalité dépendante à la fois de la concentration et de la durée d’exposition. À l’inverse, même des concentrations élevées de chlorure de sodium n’assuraient pas l’élimination complète des parasites.

Ces constats sont hautement significatifs pour les pratiques de conservation comme la maturation à l’acide (marinades au vinaigre) ou le salage. Ils soulignent l’insuffisance potentielle de méthodes de salaison traditionnelles en matière de décontamination parasitaire.

Discussion

Les observations corroborent l’idée que l’acide acétique, même à des concentrations modérées, neutralise rapidement Anisakis simplex L3, alors que le sel seul présente une efficacité limitée. Ainsi, les pratiques basées uniquement sur le salage ne garantissent pas la sécurité des produits vis-à-vis des larves vivantes de nématodes. L’application de solutions acides pourrait constituer une mesure complémentaire, essentielle pour minimiser les risques sanitaires.

Il convient également de noter que l’effet létal de l’acide acétique dépend de la concentration et du temps d’exposition : des expositions trop courtes à de faibles concentrations peuvent laisser subsister certaines larves. L’emploi de l’acide acétique à 2 % ou plus est conseillé, avec un temps de traitement d’au moins une heure pour garantir un effet parasiticide optimal.

Par ailleurs, la persistance de certaines larves même à des concentrations de sel très élevées pose la question de la résistance aux processus de conservation traditionnels, particulièrement dans les produits de la mer devant être consommés crus ou peu cuits.

Applications et recommandations pour la sécurité alimentaire

  • L’acidification contrôlée à l’aide d’acide acétique est un moyen efficace d’éliminer Anisakis lors de la préparation de poisson.
  • Le salage seul, même à fort dosage, ne permet pas d’assurer la destruction totale des larves L3.
  • L’adoption de procédures de traitement combiné (acide + sel) ou de préférer l’acide lors de la cure peut accroître significativement la sécurité des produits.
  • Un contrôle strict du temps d’exposition et des concentrations utilisées est fondamental pour garantir la destruction des parasites.

Conclusion

L’exposition à l’acide acétique, particulièrement à des concentrations supérieures ou égales à 2 %, assure l’inactivation rapide et complète des larves d’Anisakis simplex L3 in vitro, là où le chlorure de sodium, même employé à hautes doses, demeure inefficace. Ces résultats justifient la révision des pratiques de conservation et de préparation du poisson cru ou faiblement transformé. Ils imposent l’accent sur l’acidification comme arme privilégiée contre les risques parasitaires, contribuant ainsi à la sécurité sanitaire des consommateurs.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S240567662500040X

Risques liés aux larves d’Anisakis dans le sabre noir : état des lieux et recommandations de sécurité

Présence de larves d'Anisakis dans les muscles de sabre noir : risques sanitaires et recommandations pour les consommateurs

Introduction

Le sabre noir (Aphanopus carbo) est une espèce prisée des marchés européens, notamment au Portugal. Sa chair tendre et sa facilité de préparation en font un choix courant pour les consommateurs. Cependant, la présence de larves d'Anisakis sp. dans les muscles de ce poisson soulève des préoccupations grandissantes quant à la sécurité alimentaire et à la santé publique.

Larves d'Anisakis : Parasite émergent des produits de la mer

Les Anisakidae sont un groupe de nématodes parasitaires présents dans de nombreux poissons commerciaux, dont le sabre noir. Leur développement comprend plusieurs stades larvaires, dont la larve L3 est la forme infectieuse pour l'homme. L'ingestion de chair contaminée par ces larves peut provoquer l'anisakiose, une maladie parasitaire gastro-intestinale, ainsi que des réactions allergiques parfois sévères.

Prévalence des infestations dans le sabre noir

Des analyses approfondies révèlent un taux élevé d’infestation du sabre noir par Anisakis sp., avec des variations selon les zones de pêche, la saisonnalité et la taille des poissons. Les larves sont retrouvées majoritairement dans les viscères, mais également dans les muscles, rendant la contamination de la chair destinée à la consommation directe préoccupante.

  • Incidence élevée: Les études indiquent que plus de 80 % des échantillons de sabre noir présentent des larves d'Anisakis dans les viscères et que jusqu'à 40 % en contiennent dans les muscles.
  • Facteurs de risque : Le parasitisme dépend notamment de l’âge, de la taille et de l'origine géographique des poissons capturés.

Risques pour la santé des consommateurs

Anisakiose gastro-intestinale

L'ingestion de larves vivantes provoque une anisakiose, qui se manifeste par des maux d’estomac, des nausées, des vomissements et parfois des symptômes plus graves nécessitant une intervention chirurgicale. Les symptômes apparaissent généralement dans les heures ou jours suivants la consommation.

Réactions allergiques

Outre l’infection parasitaire, la présence d’antigènes d'Anisakis peut générer des réponses allergiques, dont certaines sont graves (urticaire, anaphylaxie), même après traitement thermique inadéquat du poisson. La sensibilité persiste en raison de la résistance thermique des protéines allergéniques de la larve.

Limites des méthodes de détection traditionnelles

La détection des larves repose sur un examen visuel et manuel. Cependant, ces techniques ne permettent pas de garantir une absence totale de larves dans la chair, en particulier pour le sabre noir dont l’habitat profond et l’écologie favorisent l’infestation interne.

  • Inspection visuelle : Les larves, souvent translucides et de petite taille, échappent fréquemment à l’œil nu.
  • Efficacité réduite : Même après un éviscération rapide, des larves peuvent migrer vers la musculature.

Mesures de gestion du risque sanitaire

Recommandations pour les consommateurs

  • Cuisson : Cuire le poisson à coeur à 60°C pendant au moins une minute élimine les larves vivantes d'Anisakis.
  • Congélation : Congeler la chair à -20°C au moins 24 heures permet également de neutraliser les larves.
  • Éviscération rapide : Retirer rapidement les viscères après capture réduit le risque de migration larvaire vers les muscles.

Pratiques pour l’industrie et la distribution

  • Contrôles renforcés : Mettre en place des procédures systématiques de contrôle parasitologique pour l’ensemble de la chaîne de valeur.
  • Information du consommateur : Etiquetage clair afin d’informer les acheteurs des recommandations de préparation et des risques potentiels.

Perspectives de recherche et avenir réglementaire

La ténacité du parasite, couplée à la croissance de la consommation de poisson cru ou peu cuit, suggère une nécessité d’amélioration des protocoles de détection et de gestion. L’innovation dans les méthodes analytiques et la surveillance réglementaire accrue sont essentielles pour minimiser les risques.

Futures études devraient viser à :

  • Développer des outils de diagnostic plus sensibles pour la détection rapide des larves viables et non viables.
  • Évaluer de nouveaux procédés de traitement thermique ou de transformation alimentaire capables d’inactiver les protéines allergènes résiduelles.
  • Sensibiliser les consommateurs et les professionnels de la filière sur la gestion du risque anisakisien.

Conclusion

La prédominance de larves d’Anisakis dans la chair de sabre noir en Europe représente un défi majeur pour la sécurité des consommateurs. Si des mesures appropriées sont appliquées à la fois au niveau industriel et domestique, le risque d’anisakiose peut être significativement réduit. Il reste impératif d’informer largement le public sur les bonnes pratiques sanitaires et de poursuivre l’effort de recherche pour contenir ce risque émergent lié à la consommation de produits de la mer.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2405676625000526