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Une méthode validée pour quantifier 12 PFAS dans l’eau et les boissons végétales

Une nouvelle méthode pour surveiller les PFAS

Les substances per- et polyfluoroalkylées, plus connues sous le nom de PFAS, sont une vaste famille de composés chimiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes aux fortes températures. Leur grande stabilité dans l’environnement leur vaut souvent le surnom de « polluants éternels ».

Présentes dans de nombreux milieux, ces substances peuvent contaminer les ressources en eau et se retrouver dans certains aliments et boissons. Les alternatives végétales au lait, fabriquées à partir d’avoine, de soja, d’amande ou d’autres matières premières, font donc partie des matrices qui nécessitent une surveillance analytique adaptée.

L’étude publiée dans Food Chemistry porte sur la validation d’une méthode destinée à quantifier simultanément 12 PFAS dans l’eau et les boissons végétales.

Pourquoi analyser les boissons végétales ?

La recherche sur les PFAS s’est longtemps concentrée sur l’eau potable et les aliments d’origine animale. Toutefois, les boissons végétales présentent des caractéristiques particulières : leur composition varie selon la matière première utilisée, elles contiennent parfois des protéines, des lipides, des fibres ou des minéraux, et leur matrice peut perturber les analyses.

Ces différences rendent nécessaire la mise au point de méthodes capables de détecter les contaminants à de très faibles concentrations, tout en limitant les interférences liées à la composition des échantillons.

Une analyse ciblée de 12 composés

La méthode étudiée vise un groupe de 12 PFAS considérés comme particulièrement pertinents pour la surveillance des contaminations. L’objectif est de pouvoir les identifier et les quantifier dans différents types d’échantillons avec une seule procédure analytique.

Le protocole repose sur plusieurs étapes :

  • la préparation et la filtration des échantillons ;
  • l’extraction des PFAS présents dans l’eau ou la boisson végétale ;
  • la séparation des composés ;
  • leur détection par une technique instrumentale hautement sensible ;
  • la comparaison des signaux obtenus avec ceux de solutions étalons.

Dans ce type d’analyse, la chromatographie liquide couplée à la spectrométrie de masse en tandem est généralement utilisée pour distinguer les différents PFAS et mesurer leur concentration avec précision.

Une validation fondée sur plusieurs critères

La validation d’une méthode analytique ne consiste pas uniquement à démontrer qu’un composé peut être détecté. Elle doit également établir que les résultats sont fiables, reproductibles et adaptés aux matrices étudiées.

Les chercheurs ont donc évalué plusieurs paramètres de performance, notamment :

  • la sélectivité de la méthode ;
  • la linéarité de la réponse analytique ;
  • les limites de détection et de quantification ;
  • les taux de récupération après ajout de PFAS aux échantillons ;
  • la précision et la répétabilité ;
  • les effets de matrice ;
  • la stabilité des composés au cours de la préparation et de l’analyse.

Les effets de matrice constituent un enjeu important pour les boissons végétales. Certains composants peuvent renforcer ou réduire le signal mesuré par l’instrument. Une méthode robuste doit donc intégrer des contrôles et des corrections permettant de limiter ces biais.

Des applications pour le contrôle de l’eau et des aliments

La validation de cette méthode présente un intérêt pour les laboratoires chargés du contrôle de la qualité de l’eau, de la sécurité alimentaire et de la surveillance environnementale. Elle peut faciliter la comparaison des résultats entre différents échantillons et contribuer à l’identification des sources de contamination.

Pour les fabricants de boissons végétales, ce type d’outil peut également soutenir les démarches de contrôle des matières premières, de vérification des procédés et de conformité réglementaire. L’analyse peut être appliquée à différentes catégories de produits, à condition que les caractéristiques de chaque matrice soient prises en compte.

Une étape dans la surveillance des polluants persistants

La détection des PFAS reste complexe en raison de leur diversité, de leur présence possible à l’état de traces et des risques de contamination lors de la manipulation des échantillons. Une méthode validée permet de renforcer la fiabilité des données et d’améliorer la surveillance de l’exposition potentielle des consommateurs et de l’environnement.

Cette étude apporte ainsi une base méthodologique pour le suivi de 12 PFAS dans deux types de matrices particulièrement importantes : l’eau et les boissons végétales. Elle souligne également la nécessité de poursuivre les recherches sur les autres PFAS, leurs produits de transformation et leur comportement dans les aliments et les boissons.

À retenir

La méthode étudiée permet d’envisager une quantification simultanée de 12 PFAS dans l’eau et les alternatives végétales au lait. Sa validation s’appuie sur l’évaluation de la sensibilité, de la précision, de la récupération et des effets de matrice. Elle constitue un outil utile pour renforcer le contrôle des contaminants persistants dans les ressources hydriques et les produits alimentaires.