Analyse rapide des quinolones et des tétracyclines dans les aliments d’origine animale
Une nouvelle approche pour surveiller les résidus d’antibiotiques
La recherche consacrée à l’analyse des aliments d’origine animale évolue vers des méthodes plus rapides, plus sensibles et capables de rechercher plusieurs substances en une seule opération. L’article intitulé Rapid multi-residue analysis of quinolones and tetracyclines in animal-derived foods, from single-analyte to simultaneous analysis s’intéresse précisément à cette transition.
Son objectif est de faire évoluer les analyses classiques, souvent centrées sur une seule molécule ou une seule famille d’antibiotiques, vers une stratégie multi-résidus permettant de détecter simultanément les quinolones et les tétracyclines.
Pourquoi surveiller les quinolones et les tétracyclines ?
Les quinolones et les tétracyclines sont utilisées en médecine vétérinaire pour traiter différentes infections bactériennes. Lorsque les bonnes pratiques d’administration, les délais d’attente ou les règles d’utilisation ne sont pas respectés, des traces peuvent subsister dans des produits tels que la viande, le lait, les œufs ou les produits aquatiques.
La surveillance de ces résidus répond à plusieurs enjeux :
- garantir la conformité des denrées aux limites réglementaires ;
- protéger les consommateurs contre une exposition excessive ;
- limiter la contribution des usages inappropriés à l’antibiorésistance ;
- renforcer l’efficacité des contrôles officiels et des analyses de routine.
Du dosage d’une seule substance à l’analyse multi-résidus
Les méthodes traditionnelles peuvent nécessiter des protocoles distincts selon la molécule recherchée. Cette organisation augmente le temps de préparation, la consommation de réactifs et la charge de travail des laboratoires.
L’analyse simultanée vise au contraire à regrouper plusieurs étapes dans un même flux analytique. Une telle approche doit notamment prendre en compte la diversité des matrices alimentaires, les différences de propriétés chimiques entre les antibiotiques et le risque d’interférences lors de la mesure.
Le passage à une méthode multi-résidus ne consiste donc pas simplement à ajouter plusieurs composés à une analyse existante. Il implique d’optimiser la préparation des échantillons, la séparation des molécules et leur détection, tout en maintenant des performances fiables.
Des enjeux techniques importants
Les aliments d’origine animale sont des matrices complexes. Les protéines, les lipides, les sels minéraux et d’autres constituants peuvent perturber l’extraction ou la détection des résidus. Une méthode efficace doit donc permettre d’isoler les antibiotiques recherchés sans multiplier les opérations longues ou difficiles à standardiser.
Parmi les critères essentiels d’une méthode de ce type figurent :
- la rapidité du traitement des échantillons ;
- la capacité à détecter plusieurs familles de résidus ;
- la sélectivité de la mesure ;
- la sensibilité nécessaire pour contrôler de faibles concentrations ;
- la reproductibilité des résultats ;
- la compatibilité avec les besoins des laboratoires de contrôle.
Un intérêt majeur pour les laboratoires de contrôle
Une méthode simultanée peut améliorer le rendement analytique en réduisant le nombre de manipulations et en permettant d’examiner davantage d’échantillons dans un délai donné. Elle peut également faciliter la comparaison des résultats entre laboratoires lorsque le protocole est clairement défini et correctement validé.
Cette évolution est particulièrement pertinente dans les programmes de surveillance, où les laboratoires doivent rechercher un nombre croissant de contaminants potentiels tout en maîtrisant les coûts et les délais de réponse.
Une approche qui accompagne l’évolution de la sécurité alimentaire
Le développement d’analyses multi-résidus s’inscrit dans une tendance plus large de modernisation du contrôle des denrées alimentaires. Les méthodes analytiques doivent désormais être à la fois rapides, robustes et suffisamment polyvalentes pour répondre à la diversité des substances surveillées.
En réunissant l’analyse des quinolones et des tétracyclines, l’approche présentée dans cet article illustre le passage progressif d’une logique centrée sur un seul analyte à une stratégie intégrée. Cette évolution peut contribuer à une surveillance plus réactive des résidus vétérinaires dans les aliments d’origine animale.
À retenir
L’étude met en avant l’intérêt d’une analyse rapide et simultanée des quinolones et des tétracyclines. En simplifiant le dépistage de plusieurs résidus au sein d’un même protocole, les méthodes multi-résidus peuvent soutenir le contrôle de la conformité alimentaire, améliorer l’efficacité des laboratoires et participer à une meilleure gestion du risque lié à l’usage des antibiotiques en élevage.
Article de référence : « Rapid multi-residue analysis of quinolones and tetracyclines in animal-derived foods, from single-analyte to simultaneous analysis », ScienceDirect.











