Optimisation de la séquestration du carbone selon différents usages agricoles en Croatie
Séquestration du carbone selon différents usages agricoles des terres en Croatie
Introduction
La séquestration du carbone constitue un enjeu central dans la lutte contre le changement climatique. En Croatie, l'impact des systèmes d’usage des terres agricoles sur la capacité des sols à stocker du carbone attire une attention croissante, notamment du fait de la transition des pratiques agricoles. L’étude croate récente analyse comment la séquestration du carbone varie selon trois systèmes agricoles essentiels : prairies permanentes, cultures annuelles intensives et vergers pérennes.
Méthodologie de l’étude
L’étude s’est appuyée sur un échantillonnage systématique des sols (0–30 cm), dans les principales régions agricoles de Croatie, combiné à une analyse des propriétés physico-chimiques (texture, pH, matière organique, C/N). Les parcelles sélectionnées illustrent la diversité des pratiques, du pâturage extensif aux cultures mécanisées en passant par les vergers fruitiers traditionnels.
- Les prairies permanentes reflètent un modèle extensif, faiblement perturbé.
- Les cultures annuelles intensives impliquent des labours fréquents, des apports d’engrais minéraux et des rotations rapides.
- Les vergers sont caractérisés par une plantation longue durabilité, associée à un entretien minimal des sols.
L’évaluation quantitative et comparative de la séquestration du carbone a reposé sur la mesure du carbone organique stocké dans la couche superficielle du sol.
Résultats : stockage du carbone selon l’utilisation du sol
Prairies permanentes
Les prairies permanentes présentent la capacité de stockage du carbone la plus élevée observée dans l’étude, avec des taux significatifs qui atteignent jusqu’à 45 t C/ha dans la couche superficielle. Cette performance est attribuée à une couverture végétale constante et à de faibles perturbations anthropiques, permettant l’accumulation de matière organique.
Cultures annuelles intensives
Les parcelles cultivées en système annuel intensif révèlent les plus faibles taux de carbone du sol, avec une moyenne inférieure à 30 t C/ha. Les labours profonds et la minéralisation rapide de la matière organique expliquent cette perte. Malgré l’usage d’amendements organiques ponctuels, la dynamique du renouvellement est insuffisante pour compenser les exportations liées aux récoltes.
Vergers pérennes
Les vergers affichent des capacités intermédiaires de stockage, avec des valeurs oscilant autour de 37 t C/ha. La présence d’une végétation ligneuse pérenne stabilise davantage la matière organique que dans les cultures annuelles, mais l’entretien du sol (désherbage, absence de couverture herbacée continue) limite le stockage optimal observé en prairie.
Analyse et discussion
L’analyse comparative montre l’importance de la gestion des systèmes agricoles sur la dynamique du carbone. Les prairies extensives, peu travaillées, favorisent fortement la fixation du carbone, en raison du cycle continu des racines et d’une activité biologique intense dans le sol. Ce fonctionnement équilibre les apports et les pertes de matière organique, en enrayant la minéralisation excessive.
À l’inverse, les systèmes intensifs typiques de l’agriculture moderne érodent progressivement le pool de carbone du sol. Outre le bouleversement physique, l’utilisation exclusive d’engrais minéraux accentue la dégradation de la matière organique stable.
Enfin, dans les vergers, la configuration pérenne du couvert végétal et la moindre perturbation offrent un compromis, mais sans égaler les prairies lorsque la gestion du sol exclut toute couverture herbacée.
Perspective : implications pour les politiques agricoles
La recherche souligne l’intérêt d’intégrer des pratiques agricoles résilientes dans les politiques de développement durable, afin d’accroître le potentiel de séquestration du carbone des terres croates. Le maintien ou la restauration de prairies naturelles et la conversion de certaines terres cultivées en systèmes plus diversifiés et moins perturbés figurent parmi les recommandations clés.
La réintroduction de rotations incluant des légumineuses, l’appui à l’agroforesterie et l’usage d’amendements organiques participent également de cette logique d’optimisation. La capacité de stockage du carbone est alors valorisée non seulement pour la lutte contre le réchauffement global, mais aussi pour l’amélioration durable de la fertilité des sols.
Conclusion
La capacité de séquestration du carbone varie fortement selon l’usage agricole des terres en Croatie. Les prairies permanentes, associées à des pratiques peu invasives, constituent les réservoirs les plus efficaces. Les cultures annuelles intensives réduisent sensiblement le stock de carbone, tandis que les vergers offrent une performance intermédiaire. Les politiques agricoles devraient donc favoriser des stratégies combinant maintien des prairies, diversification des systèmes et bonnes pratiques culturales pour renforcer la contribution du secteur agricole à la captation du carbone atmosphérique.



