Archive d’étiquettes pour : Bartonella

Prévalence et diversité génétique de Bartonella chez les petits mammifères européens

Prévalence et diversité génétique des Bartonella chez les petits mammifères européens

Introduction

Les espèces du genre Bartonella constituent un groupe hétérogène de bactéries Gram-négatives intracellulaires qui peuvent infecter une grande variété d’hôtes, notamment les petits mammifères. Ces bactéries sont particulièrement notables en raison de leur potentiel zoonotique, posant ainsi un risque sanitaire tant pour les animaux que pour l’homme. Ce document offre une synthèse détaillée de la prévalence et de la diversité génétique des Bartonella identifiées chez les petits mammifères en Europe, en s’appuyant sur des analyses moléculaires avancées.

Méthodologie

Un large échantillonnage a été mené à travers plusieurs régions d'Europe, ciblant différentes populations de petits mammifères, principalement des rongeurs et des insectivores. Des prélèvements de tissus (rate, foie, sang) ont été réalisés puis soumis à des analyses moléculaires par PCR pour dépister la présence de séquences d’ADN bactérien. L’amplification de gènes spécifiques, tels que gltA (gène de la citrate synthase) et rpoB (ARN polymérase), a permis l’identification des espèces et la caractérisation de la diversité génétique des souches.

Résultats : Prévalence des Bartonella

L’étude révèle que la prévalence des infections à Bartonella parmi les petits mammifères varie considérablement selon les régions européennes et les espèces hôtes. Les espèces suivantes ont été fréquemment testées positives :

  • Myodes glareolus (campagnol roussâtre)
  • Apodemus sylvaticus (mulot sylvestre)
  • Microtus arvalis (campagnol des champs)

Les taux de prévalence ont affiché une fourchette allant de 10 % à 50 % selon la localité et l'espèce, avec une moyenne globale d'environ 30 %. Ces chiffres confirment que les petits mammifères forment un réservoir majeur pour les différentes espèces de Bartonella en Europe.

Diversité génétique : une grande variabilité

L’analyse des séquences génétiques a mis en lumière une diversité génétique particulièrement élevée au sein des souches européennes. Au moins cinq espèces de Bartonella distinctes ont été identifiées chez les échantillons de petits mammifères, parmi lesquelles :

  • Bartonella taylorii
  • Bartonella grahamii
  • Bartonella doshiae
  • Bartonella birtlesii
  • Bartonella rochalimae

Des variants génétiques intermédiaires rares ont également été détectés, suggérant une évolution microbienne continue influencée par la diversité de leurs hôtes et des vecteurs arthropodes (principalement les puces et les tiques).

Relations phylogénétiques

L’arbre phylogénétique résultant de l’analyse des gènes gltA et rpoB indique l’existence de plusieurs lignées évolutives au sein du genre Bartonella, propres à certaines espèces-hôtes. Cela met en relief une co-spéciation possible, où la spécialisation des bactéries pour des hôtes spécifiques favorise la diversification.

Implications épidémiologiques et sanitaires

La diversité et la prévalence élevées des Bartonella chez les petits mammifères européens soulignent l’importance de surveiller ce réservoir animal, d’autant que de nombreux cas humains de bartonellose sont liés à un contact direct ou indirect avec ces hôtes. Les infections chez l’humain peuvent occasionner diverses pathologies, allant de la fièvre bénigne jusqu’à des syndromes plus graves chez les sujets immunodéprimés.

Les facteurs influençant la circulation et la diversité des espèces de Bartonella dans ces populations incluent :

  • L’interaction entre hôtes, vecteurs et environnement
  • Les migrations animales
  • Les changements climatiques

Une veille sanitaire, associée à des stratégies de gestion des populations de rongeurs dans les zones à risque, est donc essentielle pour limiter la transmission aux animaux domestiques et aux humains.

Conclusion

Les petits mammifères européens hébergent une diversité génétique considérable d’espèces Bartonella, attestée par des variations significatives de prévalence selon les régions et les espèces. Cela met en avant ces animaux comme des réservoirs clé pour ces pathogènes potentiellement zoonotiques. Face à la complexité des interactions écologiques et évolutives, une approche multidisciplinaire intégrant la biologie moléculaire, l’écologie et l’épidémiologie s’avère indispensable pour comprendre et cibler efficacement la transmission des Bartonella en Europe.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S235277142500299X?dgcid=rss_sd_all