Détection des particules de dioxyde de titane dans le lait humain, animal et les préparations pour nourrissons
Détection des particules de dioxyde de titane dans le lait humain, animal et les laits infantiles
Introduction
Le dioxyde de titane (TiO₂) est utilisé comme additif alimentaire, principalement comme colorant blanc dans de nombreux produits alimentaires et pharmaceutiques. Le caractère ubiquitaire des particules de TiO₂, y compris sous forme nanométrique, suscite des inquiétudes quant à leur présence dans différents types de lait destinés à la consommation humaine, animale, ainsi que dans les préparations infantiles.
Objectifs de l'étude
Cette étude visait à :
- Identifier et quantifier les particules de TiO₂ dans le lait humain, animal (bovin, caprin, ovin) et dans les laits infantiles.
- Comparer l'abondance et la taille des particules détectées dans les différents échantillons.
- Évaluer les potentiels risques sanitaires liés à la présence de ces particules dans l’alimentation des populations sensibles.
Méthodologie
Collecte d'échantillons
Des échantillons de lait ont été collectés à partir de différentes sources :
- Lait maternel provenant de donneuses volontaires.
- Lait de vache, de chèvre et de brebis, issus d’exploitations locales.
- Plusieurs marques de lait infantile disponibles sur le marché européen.
Détection et analyse des particules
L’analyse s’est appuyée sur deux techniques principales :
- Microscopie électronique à transmission couplée à la spectroscopie à dispersion d'énergie (MET-EDS) pour la visualisation et l’identification élémentaire des particules.
- Diffraction des rayons X et spectrométrie d’induction plasma (ICP-MS) pour la caractérisation quantitative des teneurs en TiO₂ totale.
La taille des particules a été mesurée, distinguant les particules nanométriques (<100 nm) et micrométriques.
Résultats
Concentrations de TiO₂
- Lait humain : Très faibles concentrations ; la présence de particules détectée à l’état de traces, majoritairement de taille supérieure à 100 nm.
- Lait animal : De faibles à modérées concentrations, avec une variabilité interspécifique. Le lait de vache a montré une abondance légèrement supérieure par rapport au lait de chèvre ou de brebis.
- Laits infantiles : Significative présence de TiO₂, avec des valeurs jusqu'à 10 fois supérieures à celles du lait animal brut. La taille des particules varie, la fraction nanométrique étant la plus préoccupante du point de vue toxicologique.
Distribution des tailles de particules
- Les échantillons de lait maternel et animal contiennent principalement des particules micrométriques, issues probablement de la contamination environnementale ou des procédés de transformation.
- Les laits infantiles présentent une distribution bimodale, avec une proportion notable de nanoparticules (<100 nm).
Caractérisation élémentaire
La spectroscopie MET-EDS a confirmé que les particules observées étaient constituées majoritairement de TiO₂ de type rutile ou anatase, formes couramment utilisées en additifs alimentaires.
Discussion
Les données indiquent une exposition inévitable de l’humain et des animaux domestiques au TiO₂ via le lait. L’apport par le lait maternel demeure négligeable, reflétant probablement la faible incorporation du TiO₂ par voie alimentaire chez les mères. En revanche, la forte abondance détectée dans certaines marques de lait infantile, associée à la présence de nanoparticules, est préoccupante du point de vue toxicologique, notamment pour les nourrissons, considérés comme population à risque accru.
Sources et voies d’exposition
La présence de TiO₂ dans le lait animal s’explique par la contamination environnementale (poussières, eaux, aliments pour bétail) ou par l’utilisation d’additifs dans la chaîne de production. Dans les laits infantiles, l'incorporation volontaire de TiO₂ en tant qu'agent blanchissant ou d'opacification est la principale source. Cette pratique, bien que réglementée, soulève des questions quant à la sécurité des nanoformes du TiO₂ chez les très jeunes enfants.
Conséquences pour la santé
Les nanoparticules de TiO₂ sont soupçonnées d’engendrer différents effets délétères :
- Stress oxydatif
- Inflammation gastro-intestinale
- Risque potentiel de génotoxicité
Ces préoccupations justifient pleinement une évaluation rigoureuse de l’exposition chronique, en particulier chez les groupes vulnérables comme les enfants de moins de trois ans.
Conclusions
Cette étude démontre la présence généralisée, bien que variable, de particules de TiO₂ dans les laits humains, animaux et infantiles. Elle souligne la nécessité de renforcer la surveillance réglementaire de ces additifs, d’améliorer la traçabilité des sources de contamination et de poursuivre les recherches sur les effets à long terme des formes nanoparticulaires ingérées dès le plus jeune âge.
Perspectives et recommandations
- Renforcer les contrôles réglementaires sur la présence de TiO₂ dans les laits infantiles et autres aliments destinés aux nourrissons.
- Encourager la recherche multidisciplinaire pour clarifier la toxicocinétique du TiO₂ à l’échelle nanométrique chez l’humain.
- Sensibiliser les professionnels de santé et les consommateurs aux enjeux liés à l’exposition précoce au TiO₂, en proposant des alternatives plus sûres lorsque possible.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0048969725016808?via=ihub


