Amines aromatiques hétérocycliques dans les boissons végétales argentines : quantification et évaluation des risques pour la santé
Analyse quantitative et évaluation des risques sanitaires des amines aromatiques hétérocycliques dans les boissons végétales (Étude argentine)
Introduction
L'attention croissante portée à la consommation de boissons végétales a suscité un intérêt particulier pour leur profil de sécurité sanitaire, notamment en raison de leur popularité comme substituts au lait d'origine animale. Cette étude cible la présence et la quantification des amines aromatiques hétérocycliques (AAH) dans diverses boissons végétales commercialisées en Argentine, et en évalue les risques potentiels pour la santé humaine.
Objectifs de l'étude
L’objectif principal est double :
- Quantifier précisément les niveaux d’AAH dans plusieurs boissons végétales populaires (soja, amande, avoine, riz, noix de cajou, amande et coco).
- Évaluer le risque sanitaire lié à leur ingestion à travers une méthodologie quantitative rigoureuse.
Matériel et méthodes
Sélection des échantillons
Plusieurs marques de boissons végétales ont été collectées dans des points de vente argentins. Les échantillons incluent des boissons à base de soja, d’amande, d’avoine, de riz, de cajou, de noisette et de noix de coco, couvrant ainsi la majorité de l’offre locale.
Procédures analytiques
Une extraction solide-liquide a permis la récupération des AAH, suivie d’une analyse par chromatographie liquide à haute performance couplée à une détection en spectrométrie de masse (HPLC-MS/MS). Cette méthode assure une détection sensible et spécifique des 14 AAH ciblés.
Validité analytique
Les limites de détection et de quantification ont été rigoureusement déterminées, garantissant la fiabilité des résultats même pour de faibles concentrations.
Résultats
Occurrence des AAH
Parmi les 14 AAH recherchés, six ont été détectés dans les échantillons analysés. Les concentrations les plus élevées ont été relevées dans les boissons à base d’avoine et de riz, oscillant entre 0,03 et 1,58 ng/g. Les boissons d’amande, de soja et de noix de coco présentaient globalement des niveaux plus faibles.
Profil des AAH détectés
- PhIP et MeIQx ont été les plus fréquemment retrouvés.
- Certains AAH, tels que IQ et AαC, étaient absents ou quantifiés à des seuils négligeables.
- Les teneurs globales restent toutefois nettement inférieures à celles habituellement mesurées dans les aliments d’origine animale cuits à haute température.
Évaluation de l’exposition et du risque sanitaire
Estimation de l’exposition
L’exposition alimentaire a été évaluée en tenant compte de la consommation moyenne quotidienne argentine de boissons végétales et en croisant ces données avec les concentrations mesurées.
Calcul du risque
Le quotient d’exposition (HQ, Hazard Quotient) et la marge d’exposition (MOE, Margin of Exposure) ont été appliqués pour estimer le risque cancérogène associé à l’ingestion d’AAH. Une MOE supérieure à 10 000 indique un risque très faible selon l’EFSA.
Résultats de l’évaluation
Toutes les valeurs de MOE calculées dépassent largement le seuil critique, ce qui suggère un faible risque sanitaire pour la population consommant ces boissons dans des conditions de consommation modérée.
Discussion
Facteurs influençant la présence d’AAH
La teneur en AAH varie en fonction du type de matière première, des procédés de transformation (notamment la cuisson/procédés thermiques) et des additifs éventuels. Les boissons végétales non fermentées et faiblement traitées présentent moins d’AAH.
Comparaison internationale
Les niveaux quantifiés dans cette étude sont conformes, voire inférieurs, à ceux rapportés dans la littérature sur d’autres populations et pays. Les procédés de pasteurisation et d’ultra-haute température appliqués aux boissons végétales argentines semblent limiter la génération des composés néoformés tels que les AAH.
Limites de l’étude
La variabilité des méthodes analytiques et la diversité des formulations de boissons constituent des limites à la comparaison directe entre études.
Recommandations et perspectives
Des investigations complémentaires sont nécessaires pour surveiller l’évolution de la contamination en AAH, accompagner l’innovation technologique et orienter les choix industriels vers des procédés générant le moins de contaminants possibles.
Il est également recommandé d’approfondir les études sur les effets cumulés de faible dose dans le cadre d’une consommation régulière chez des populations à risque.
Conclusion
L’apport d’amines aromatiques hétérocycliques via les boissons végétales reste marginal et n’engendre pas de risque sanitaire significatif pour le consommateur argentin moyen. L’adoption de bonnes pratiques industrielles demeure essentielle pour maintenir ce niveau de sécurité alors que la demande et la variété des boissons végétales continuent de croître.








