Biodiversité des arthropodes dans les cultures européennes : Taxons clés pour la pollinisation et la lutte antiparasitaire
Biodiversité des arthropodes dans les cultures européennes : Taxons représentatifs pour la lutte antiparasitaire et la pollinisation
Introduction
La biodiversité des arthropodes joue un rôle décisif dans la productivité et la durabilité des cultures agricoles en Europe. Les arthropodes contribuent non seulement à la pollinisation et à la lutte contre les ravageurs, mais ils participent aussi à la stabilité des agroécosystèmes. Identifier et promouvoir des taxons représentatifs maximisant ces services écosystémiques constitue un levier stratégique pour renforcer la résilience de l’agriculture européenne face aux défis agro-environnementaux.
Diversité des arthropodes dans les cultures européennes
Les cultures européennes hébergent une riche communauté d'arthropodes, qui inclut les insectes pollinisateurs, les parasitoïdes, les prédateurs naturels des ravageurs, ainsi qu’un cortège saproxylique ou nécrophage. Cette biodiversité varie selon les systèmes de culture (céréales, cultures pérennes, horticulture) et les facteurs locaux comme le type de gestion, la structure paysagère et l’usage des intrants.
Pollinisateurs de référence
Les abeilles (Apidae), en particulier l’abeille domestique (Apis mellifera) et plusieurs espèces de bourdons (genre Bombus), restent les principaux pollinisateurs. Elles visitent de multiples cultures telles que le colza, les légumineuses, les arbres fruitiers et certaines céréales secondaires nécessitant une pollinisation entomophile. Parmi les pollinisateurs secondaires, on distingue aussi des espèces de Syrphidae (mouches syrphes) et divers Lépidoptères, qui montrent une capacité à intervenir dans des conditions où les abeilles domestiques sont déficientes.
Taxons clés pour la lutte biologique
Le contrôle naturel des ravageurs repose sur l’activité de prédateurs et de parasitoïdes. Les coléoptères carabides (Carabidae), les coccinelles (Coccinellidae), ainsi que les chrysopes (Chrysopidae) sont largement reconnus pour leur rôle dans la régulation des pucerons, des acariens et d’autres arthropodes phytophages nuisibles. De plus, les Hyménoptères parasitoïdes (Ichneumonidae, Braconidae) ciblent nombre de larves d’insectes ravageurs, contribuant à un équilibre naturel des populations.
Évaluation et représentativité des taxons
L’identification de taxons indicateurs fiables requiert d’évaluer leur abondance, leur efficacité fonctionnelle et leur valeur comme proxies pour la biodiversité générale. Les études montrent que certains groupes, tels que les carabidés et les syrphides, constituent des indicateurs robustes, capables de refléter la richesse et la fonctionnalité globale des communautés arthropodiennes. Ces taxons ont été sélectionnés sur la base de méta-analyses et d’études multisites couvrant l’ensemble du territoire européen.
Critères de sélection
Pour établir la représentativité des taxons, plusieurs critères sont appliqués :
- Abondance et distribution géographique : Capacité du taxon à être retrouvé dans divers systèmes de culture à travers l’Europe.
- Rôle fonctionnel : Impact démontré sur la pollinisation ou la prédation des ravageurs.
- Facilité d’échantillonnage et identification taxonomique : Importance d’opter pour des groupes accessibles à l’analyse de terrain et à l’identification standardisée.
Menaces et perturbations sur la biodiversité arthropodienne
Les pratiques agricoles intensives induisent diverses menaces pour la biodiversité des arthropodes :
- Usage massif de produits phytosanitaires
- Simplification des paysages (réduction des haies, monocultures)
- Labour profond et forte perturbation des sols
- Conversion d’habitats semi-naturels
Ces pressions entraînent une érosion de la diversité fonctionnelle et de la résilience écologique des agroécosystèmes. L’Observatoire européen note une régression préoccupante des populations de pollinisateurs, confirmée notamment chez les abeilles sauvages et certains diptères floricoles.
Stratégies d’optimisation des services écosystémiques
Pour préserver et renforcer la biodiversité arthropodienne bénéfique, plusieurs axes d’action sont identifiés :
Rationalisation de l’usage des intrants
La réduction de pesticides, via l’adoption de la lutte intégrée ou la généralisation de techniques alternatives, permet d’atténuer la pression sur les populations non ciblées d’arthropodes.
Diversification paysagère
Le maintien de bandes fleuries, de jachères et de structures naturelles favorise l’installation durable de communautés de pollinisateurs et de prédateurs naturels. L’agencement des cultures en mosaïque augmente significativement la diversité fonctionnelle.
Sélection et suivi des taxons indicateurs
La mise en place de protocoles européens d’échantillonnage standardisés, axés sur les taxons représentatifs, facilite le suivi spatio-temporel de la biodiversité arthropodienne et l’évaluation de l’efficacité des pratiques agricoles innovantes.
Importance des interactions fonctionnelles
La coopération entre pollinisateurs et entomophages accroît la robustesse écologique des agroécosystèmes. Certains taxons, à l’instar des Syrphidae, cumulent des fonctions clés : adultes pollinisateurs et larves prédatrices, illustrant la complémentarité au sein des communautés arthropodiennes.
Conclusion et perspectives
La prise en compte d’une diversité équilibrée d’arthropodes, via la sélection de taxons représentants aussi bien la lutte biologique que la pollinisation, s’impose comme un pilier central des politiques agricoles européennes. La promotion de pratiques agroécologiques et la valorisation des habitats semi-naturels s’avèrent fondamentales pour garantir la pérennité des services écosystémiques essentiels à la production alimentaire et à la stabilité environnementale à long terme.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1470160X2501012X?dgcid=rss_sd_all



