One Health : Accroître la Collaboration dans la Surveillance grâce à un Serious Game
Favoriser la sensibilisation et la collaboration des parties prenantes dans la surveillance One Health à l’aide d’un serious game
Introduction
La surveillance intégrée de la santé publique, animale et environnementale constitue un défi complexe, particulièrement dans le contexte du concept One Health. Cette approche multidisciplinaire requiert non seulement une coordination technique et intersectorielle, mais également l'engagement actif de l’ensemble des acteurs concernés. Pourtant, le manque de compréhension mutuelle, la méconnaissance des objectifs partagés et les cloisons institutionnelles freinent l’efficacité de la surveillance. Ici, l’utilisation innovante d’un serious game (jeu sérieux) est explorée comme vecteur pour améliorer la sensibilisation, la coopération et le dialogue entre parties prenantes.
Le contexte One Health et les enjeux de la surveillance collaborative
Le concept One Health vise à garantir une approche globale de la gestion des risques sanitaires en intégrant humains, animaux et environnement. Toutefois, les systèmes de veille traditionnels demeurent souvent fragmentés, avec des flux d’informations cloisonnés et une collaboration limitée entre différents organismes. Favoriser la co-création, l’acquisition de connaissances partagées et la communication est donc essentiel pour renforcer les synergies opérationnelles et institutionnelles.
Le serious game : outil pédagogique et catalyseur de collaborations
Un serious game a été développé dans le but d’immerger les utilisateurs dans des scénarios simulant des événements sanitaires à l’interface homme-animal-environnement. Cet outil numérique permet d’illustrer les conséquences réelles du manque de coopération, tout en soulignant la valeur ajoutée qu’apporte une communication fluide et la coordination entre secteurs.
Mécanismes ludiques pour un apprentissage collaboratif
- Simulation de scénarios épidémiques réalistes impliquant plusieurs agents et situations croisées.
- Dialogue et négociation entre joueurs représentant différents organismes institutionnels.
- Prise de décisions collective sous contraintes temporelles et informationnelles.
- Retours immédiats sur l’impact des choix opérés en matière de détection, d’alerte et de réponse aux risques.
Le jeu renforce les compétences techniques mais aussi transversales – comme l’écoute active, la négociation ou la gestion des conflits d’intérêts – contribuant ainsi à dépasser les limites parfois imposées par les structures organisationnelles.
Méthodologie d’expérimentation
Le serious game a été testé auprès de groupes composés d’acteurs de la santé humaine, vétérinaire, environnementale, mais aussi de décideurs, de scientifiques et de représentants du secteur privé. Après une phase de formation succincte, chaque participant endosse un rôle-clé dans la chaîne de surveillance. Les parties sont suivies d’échanges réflexifs, permettant d’approfondir l’analyse des facteurs qui favorisent ou entravent la réussite collective.
Analyse qualitative des effets
Les résultats sont évalués à partir des observations lors des sessions de jeu, d’entretiens post-activité et de questionnaires auto-administrés. Les paramètres étudiés incluent :
- La progression de la compréhension des rôles et responsabilités de chacun
- L’évolution de la perception des contraintes opérationnelles spécifiques
- L’identification des freins à la coopération et des leviers possibles
- La capacité des participants à transférer les acquis vers leurs contextes professionnels
Résultats et retombées observés
L’expérience menée révèle une nette amélioration de la sensibilisation des participants aux interconnexions entre secteurs. Plusieurs tendances bénéfiques se distinguent :
- Clarification des attentes respectives et amélioration du dialogue intersectoriel
- Montée en compétences collectives sur la gestion des situations d’incertitude et d’urgence
- Diminution des barrières cognitives et des préjugés entre professionnels de métiers différents
- Émergence de propositions concrètes pour fluidifier l’échange d’informations dans le monde réel
La dynamique de jeu incite à explorer des solutions innovantes, tout en structurant la réflexion autour du rapport coût/bénéfice de la coopération.
Limites et perspectives d’amélioration
Quelques limites sont également identifiées : temps de formation initiale parfois sous-estimé, nécessité de calibrer le niveau de complexité des scénarios au profil des participants, et obstacles techniques mineurs liés à la mise en place du jeu. Il est recommandé d’adapter l’exercice à chaque contexte institutionnel pour optimiser l’engagement, et de documenter les séances afin de nourrir une démarche d’amélioration continue.
Conclusions et recommandations stratégiques
La démarche proposée valide l’intérêt du serious game comme leviers pour catalyser la collaboration One Health. Cet outil s’avère particulièrement efficace pour déconstruire les silos, dynamiser la concertation et instaurer une culture commune de la surveillance intégrée. Sa généralisation, assortie d’un accompagnement méthodologique, constitue une piste majeure pour renforcer la résilience sanitaire face aux menaces émergentes.
Recommandations clés :
- Intégration du serious game dans les programmes de formation et de sensibilisation One Health
- Implication précoce et multidisciplinaire des acteurs afin de maximiser l’impact
- Valorisation du retour d’expérience pour affiner les modèles collaboratifs existants
- Suivi de l’impact à long terme sur la qualité de la surveillance et la gestion des crises
La mise en œuvre de jeux sérieux dans le paysage One Health augure d'une révolution culturelle au service d’une veille épidémiologique plus efficace et partagée.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352771425002939?dgcid=rss_sd_all











