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Éliciteurs de défense des plantes : une avancée durable pour la protection des cultures fruitières – Approche One Health

Application des Éliciteurs de Défense des Plantes pour la Protection des Cultures Fruitières : Vers une Approche One Health

Introduction

La recherche de pratiques agricoles durables est devenue une priorité majeure dans le secteur agroalimentaire, notamment dans la protection des cultures fruitières. Ces dernières décennies, la dépendance aux produits phytosanitaires de synthèse a soulevé des préoccupations relatives à la santé humaine, à la sécurité alimentaire et à la préservation de l’environnement. L’intégration d'une approche globale, dite One Health, vise à harmoniser la santé végétale, la santé animale et la santé humaine à travers des stratégies innovantes. Parmi celles-ci, l’emploi d’éliciteurs de défense des plantes émerge comme une alternative prometteuse pour renforcer la résilience des cultures face aux pathogènes tout en minimisant l’usage des pesticides chimiques.

Comprendre les Éliciteurs de Défense Végétale

Les éliciteurs de défense des plantes sont des composés naturels ou synthétiques capables de stimuler les mécanismes de défense innés des végétaux. Ces substances activent divers processus de signalisation cellulaire qui conduisent à la production de phytoalexines, à la synthèse de pathogènes related-proteins (PR), ou à l’activation de réactions d’hypersensibilité et de renforcement des barrières physiques. Les éliciteurs peuvent être classés en deux grandes catégories :

  • Éliciteurs exogènes : D’origine biologique (comme les extraits de levures, chitines, alginates) ou d’origine chimique (benzothiadiazole, acide jasmonique).
  • Éliciteurs endogènes : Produits directement par la plante en réponse à une agression ou un stress.

Leur application permet une modélisation écologique de la gestion de la santé des plantes, en privilégiant le « priming » sur des réponses défensives explosives.

Stratégies Innovantes pour les Cultures Fruitières

L’application des éliciteurs de défense dans les vergers et vignobles a démontré leur efficacité contre divers agents pathogènes tels que les champignons, bactéries et virus. Les principales stratégies comprennent :

  • Traitements foliaires récurrents pour stimuler l’immunité locale ou systémique.
  • Intégration aux protocoles de gestion intégrée des maladies pour réduire la fréquence des molécules de synthèse.
  • Application post-récolte pour limiter le développement des pathogènes lors du stockage et du transport des fruits.

La réussite de ces approches repose sur la sélection adéquate de l’éliciteur, la compréhension du stade phénologique optimal d’application et l’évaluation précise de la réactivité variétale.

Bénéfices pour la Santé, l’Environnement et la Production

L’utilisation des éliciteurs dans la gestion des maladies fruitières génère une série d’avantages stratégiques :

Réduction de l’usage des pesticides chimiques : Diminution du risque de développement de résistances, diminution des résidus sur les fruits, limitation de la contamination environnementale (sol, eau, air).

Préservation de la biodiversité des agroécosystèmes : Les éliciteurs n’affectent pas négativement la macro- et la microfaune bénéfique, favorisant ainsi l’équilibre des écosystèmes cultivés.

Impact positif sur la santé humaine : Réduction des résidus potentiellement nocifs sur les produits finis, favorisant l’accès à des fruits plus sûrs pour le consommateur.

Meilleure adaptabilité face au changement climatique : Les réponses immunitaires induites par les éliciteurs permettent aux cultures fruitières d’accroître leur résilience envers les stress abiotiques et biotiques nouveaux ou amplifiés par le climat.

Défis Pour la Mise en Œuvre à Grande Échelle

L’application généralisée des éliciteurs soulève néanmoins plusieurs défis techniques, scientifiques et réglementaires :

  • Variabilité de l’efficacité selon les cultures, les pathogènes ciblés, les conditions environnementales et les formulations.
  • Développement de protocoles de surveillance pour mesurer l’efficacité sur le terrain et la persistance des effets.
  • Acceptabilité économique et sociétale par les producteurs et les consommateurs.
  • Encadrement réglementaire pour garantir la sécurité et la traçabilité des substances utilisées.

Approche One Health : Vers une Agriculture Régénérative

L’approche One Health valorise l’interconnexion entre santé humaine, animale et environnementale. En agriculture fruitière, elle promeut :

  • Une gestion raisonnée et responsable des intrants,
  • L’optimisation de la santé des sols et des communautés vivantes associées,
  • Le maintien d’une production compétitive et responsable.

L’intégration des éliciteurs favorise l’adaptation de l’agriculture aux impératifs du développement durable et contribue à une réduction des impacts négatifs liés aux méthodes conventionnelles. Cette stratégie s’intègre dans une perspective à long terme pour la protection des cultures et la préservation du capital naturel.

Perspectives et Innovations Futures

La recherche sur les éliciteurs de défense s’oriente aujourd’hui vers :

  • La découverte de nouveaux éliciteurs d’origine végétale, microbienne ou synthétique, aux modes d’action complémentaires ou synergétiques.
  • La formulation de combinaisons d’éliciteurs permettant une stimulation accrue et personnalisée selon le profil de chaque culture fruitière.
  • Le développement d’outils de monitoring de l’efficacité de la stimulation immunitaire sur le terrain.
  • La démocratisation des connaissances auprès des producteurs pour favoriser l’adoption de ces solutions dans une logique de co-construction et de transfert d’innovation.

Conclusion

L’application des éliciteurs de défense des plantes dans la protection des cultures fruitières s’inscrit pleinement dans une dynamique One Health, alliant innovation, responsabilité et efficacité. La généralisation de ces pratiques exigera des collaborations transdisciplinaires, une adaptation des cadres réglementaires et le maintien d’une recherche active pour faire face aux nouveaux défis agricoles.

Source : https://www.mdpi.com/2073-4395/16/5/590

Comment la pulvérisation phytosanitaire par drone réduit les pertes de rendement agricole

Raffiner l’usage des pesticides grâce à la protection phytosanitaire par drone : une avancée pour limiter les pertes de rendement

Introduction

L’agriculture moderne doit concilier productivité, rentabilité et respect de l’environnement. Face aux défis croissants liés aux pertes de rendement causées par les organismes nuisibles, les nouvelles technologies comme les drones s’imposent comme des leviers d’optimisation. L’intégration de la pulvérisation phytosanitaire par drones ouvre la voie à un raffinement stratégique de l’application des pesticides, réduisant à la fois les impacts écologiques et les pertes agricoles.

Les limites des méthodes conventionnelles de pulvérisation de pesticides

La protection des cultures s’appuie historiquement sur la pulvérisation aérienne ou terrestre, selon des techniques qui présentent plusieurs limitations majeures :

  • Application généralisée de pesticides qui entraîne une consommation excessive de produits chimiques.
  • Manque de précision spatiale, causant une exposition non ciblée des surfaces cultivées et adjacentes.
  • Dérive des gouttelettes et pertes dans l’environnement, accentuant les risques de contamination des sols et de l’eau.
  • Impact sur la biodiversité, du fait de l’exposition involontaire d’espèces non visées.

Cette inefficience a un coût environnemental et économique, tout en laissant persister des pertes de rendement dues à une protection souvent inadéquate ou inégale des cultures.

L’innovation des drones dans la gestion phytosanitaire

Les drones représentent une transformation radicale dans la manière d’appliquer les pesticides :

  • Précision accrue : Grâce au contrôle GPS, les drones peuvent cibler des zones précises, limitant la dispersion inutile de produits.
  • Flexibilité opérationnelle : Interventions facilitées sur des parcelles difficiles d’accès ou lors de conditions météorologiques limitant l’utilisation des engins terrestres.
  • Adaptabilité : Réglages possibles de la hauteur de vol, du volume des gouttelettes et du débit en fonction de la culture ou du niveau d’infestation observé.

L’utilisation des drones permet ainsi de corréler l’application des pesticides aux besoins réels, favorisant une stratégie de traitement localisé et dynamique.

Apport des technologies de l’information

L’évolution de l’imagerie numérique, de la télédétection et du traitement de données offre un appui inédit à l’optimisation de la protection des cultures :

  • Détection précoce des foyers d’infestation via des images haute résolution et l’analyse automatisée grâce à l’intelligence artificielle.
  • Cartographie précise des besoins pour ajuster ponctuellement les applications de pesticides.
  • Suivi en temps réel de l’efficacité des traitements et réajustement immédiat des stratégies d’application.

Les drones, couplés à ces outils analytiques, incarnent la notion d’agriculture de précision, où chaque intrant est dosé judicieusement.

Réduction des pertes de rendement

L’application ciblée de pesticides par drones apporte des bénéfices mesurables pour les exploitations agricoles :

  • Réduction significative des pertes de rendement : Les interventions rapides et localisées limitent la prolifération rapide des nuisibles ou pathogènes.
  • Uniformisation de la couverture : Les risques de zones sous-protégées ou sur-traitées sont fortement réduits.
  • Gain dans la qualité de la récolte : Le stress chimique est moindre pour les cultures, contribuant à une meilleure qualité agronomique du produit final.

Impact environnemental et durabilité

Le recours aux drones permet une diminution substantielle des volumes de pesticides employés, avec des atouts forts pour l’environnement :

  • Moindre contamination des eaux et des sols par limitation de la dérive et des épandages excessifs.
  • Préservation de la biodiversité alliée grâce à la restriction des traitements aux seules zones affectées.
  • Réduction de l’empreinte carbone de la protection phytosanitaire, les drones consommant peu d’énergie comparativement aux solutions conventionnelles.

Challenges et perspectives d’avenir

Le déploiement massif des drones pour la phytoprotection rencontre certaines contraintes :

  • Adaptation des cadres réglementaires dans de nombreux pays pour permettre leur usage en routine.
  • Formation des opérateurs et structuration de compétences spécifiques à la manipulation et au diagnostic assisté par données.
  • Amélioration continue des algorithmes de détection afin d’augmenter encore la sensibilité aux stress biologiques.

À court terme, le potentiel d’innovation des drones en agriculture reste immense au vu de leur intégration possible avec d’autres outils connectés (systèmes d’irrigation de précision, capteurs sols, météo connectée).

Conclusion

La pulvérisation par drone, conjuguée à l’agriculture de précision, marque une étape clé dans la démarche d’écologisation de la protection des cultures. Ce raffinement de l’usage des pesticides, ajusté en temps réel grâce aux données issues du terrain, offre une réponse prometteuse au dilemme du rendement sécurisé dans un contexte de contraintes environnementales accrues. Il ouvre la voie à une agriculture à la fois compétitive, responsable et proactive face aux défis phytosanitaires contemporains.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0306919226000023?dgcid=rss_sd_all

Optimisation de l’évaluation des risques environnementaux des produits phytosanitaires par une approche systémique

Approche Systémique pour Optimiser l'Évaluation des Risques Environnementaux des Produits de Protection des Plantes en Vue de la Préservation de la Biodiversité

Introduction

L'évaluation des risques environnementaux (ERE) des produits de protection des plantes (PPP) occupe une place stratégique dans la régulation et l'utilisation de ces substances, notamment à l'ère de la transition agroécologique et de l'urgence de la protection de la biodiversité. Une approche systémique intégrant les interactions entre processus écologiques, pesticides, et facteurs d’échelle est essentielle pour appréhender l'impact global des PPP sur la biodiversité.

Limites des Méthodologies Actuelles

Actuellement, l’ERE repose majoritairement sur des méthodes compartimentées centrées sur des espèces ou groupes cibles, négligeant les relations écologiques et l’hétérogénéité spatio-temporelle inhérente aux systèmes agricoles. Ces approches classiques peinent à anticiper les effets indirects, cumulatifs ou émergents qui constituent pourtant des enjeux majeurs pour la préservation des services écosystémiques et la stabilité des communautés biologiques.

Fondements d'une Approche Systémique

L’approche systémique s’appuie sur la modélisation holistique des agroécosystèmes, intégrant les réseaux trophiques, la structure paysagère, ainsi que les interactions biotiques et abiotiques. Elle permet de :

  • Relier l’exposition des organismes non cibles à différents niveaux (individus, populations, communautés) à la dynamique de la biodiversité.
  • Évaluer des scénarios réalistes d’utilisation agricole en tenant compte des changements climatiques, des rotations culturales, et des nouvelles pratiques agricoles.
  • Anticiper les effets cocktail résultant de l'exposition multiple à divers PPP et à d'autres stress environnementaux.

Modélisation Intégrée et Données Riches

L’intégration de données pluviométriques, pédologiques, climatiques et d’observation de terrain dans des modèles mécanistes permet d’affiner la prédiction des risques. Ces modèles intègrent également :

  • Les points d'entrée et de transfert des PPP dans différents compartiments environnementaux (eaux de surface, sols, habitats semi-naturels).
  • La variabilité biologique intra- et interspécifique en termes de sensibilité aux PPP.
  • La modélisation spatiale et temporelle de l’exposition et de la réponse des communautés écologiques.

Prise en Compte des Effets Multiples et Cumulés

Les systèmes écologiques réagissent souvent à une combinaison de pressions liées aux pratiques agricoles, au climat, et à d'autres polluants. L’approche systémique propose d’agréger ces effets multiples afin de :

  • Détecter précocement les signaux faibles d’érosion de la biodiversité.
  • Identifier les interactions synergiques ou antagonistes qui exacerbent ou modèrent les risques pour certains taxons.
  • Orienter les actions de mitigation au bon niveau d’organisation écologique (habitat, réseau alimentaire, paysage).

Applications pour la Prise de Décision

Cette démarche offre un cadre robuste pour informer la réglementation et orienter le développement de nouveaux produits ou stratégies intégrées de protection des cultures. Le recours à des indicateurs multi-niveaux, associant données de terrain et résultats de modélisation, facilite la hiérarchisation des situations à risque. Elle contribue aussi à la définition de seuils d’action et de plans d’alerte.

Vers une Harmonisation Européenne

Le renouvellement méthodologique proposé par l’intégration des approches systémiques pourrait favoriser une harmonisation des processus d’homologation à l’échelle européenne. Cela permettrait :

  • D’unifier la définition des seuils de sécurité écologique.
  • D’assurer une meilleure protection de la biodiversité fonctionnelle au sein des agrosystèmes.
  • De s’aligner avec les objectifs du Pacte Vert pour l’Europe et de la stratégie biodiversité 2030.

Défis et Perspectives de Recherche

Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent :

  • L'accès à des données de haute résolution et la standardisation des protocoles d’observation de la biodiversité.
  • L’élaboration et la validation de modèles suffisamment génériques tout en restant adaptables aux spécificités régionales.
  • L’intégration de la dimension socio-économique et des retours de terrain pour garantir la pertinence opérationnelle des recommandations issues de l’approche systémique.

Conclusion

L’adoption d’une approche systémique pour l’ERE des PPP constitue un levier puissant pour la protection de la biodiversité. En envisageant les effets sur l’ensemble du système écologique, cette démarche offre une vision globale permettant d’anticiper et de prévenir les risques émergents. Sa mise en œuvre nécessite une synergie entre modélisation, expérimentation et suivi de terrain, afin de garantir des résultats robustes et transposables à différentes échelles territoriales. Cette stratégie place la sauvegarde de la biodiversité au cœur des politiques agricoles durables et innovantes.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0160412025007251?dgcid=rss_sd_all

Gestion avancée des maladies à nématodes : outils modernes et stratégies intégrées en agriculture

Maladies à Nématodes et Stratégies Avancées de Gestion Agronomique

Introduction

Les maladies à nématodes représentent un défi crucial pour les systèmes agricoles mondiaux modernes. Ces vers microscopiques parasites provoquent chaque année des pertes économiques considérables, s'attaquant aussi bien aux cultures vivrières qu'industrielles. À travers une compréhension structurée de leur biologie et du spectre symptomatique sur les plantes, l'adoption de méthodes intégrées de gestion constitue une priorité pour limiter leur impact tout en respectant l'environnement.

Les Principaux Nématodes Pathogènes

Les genres de nématodes phytoparasites les plus notoires comprennent :

  • Meloidogyne (nématodes à galles racinaires)
  • Heterodera (nématodes à kystes)
  • Globodera
  • Pratylenchus (nématodes à lésions racinaires)
  • Rotylenchulus, Ditylenchus et autres genres pertinents

Leur mode d'action, structure morphologique, et adaptations écologiques expliquent la diversité des symptômes dévoilés sur les cultures infectées.

Symptomatologie et Impact Agronomique

Les infestations se manifestent par :

  • Déformation et hypertrophie des racines (galles, kystes)
  • Retard de croissance, chlorose et flétrissement foliaire
  • Croissance rabougrie, réduction du rendement et qualité marchande dégradée
  • Vulnérabilité exacerbée aux infections fongiques ou bactériennes secondaires

L'intensité des symptômes fluctue selon l'espèce de nématode, la densité de population, la susceptibilité végétale, et les conditions agroclimatiques.

Outils Modernes de Diagnostic

L’identification des nématodes exige :

  • Analyses morphologiques précises sur l'appareil buccal et la morphométrie du corps
  • Techniques moléculaires (PCR, séquençage du gène 18S rARN, marqueurs SCAR)
  • Analyses d’empreintes génétiques pour discriminer les espèces cryptiques

Ces méthodes favorisent la détection précoce et la mise en œuvre de stratégies de gestion ciblée.

Approches de Gestion Intégrée des Nématodes

1. Luttes Culturales

  • Rotation des cultures : Alterner avec des espèces non hôtes ou résistantes perturbe les cycles biologiques des nématodes.
  • Cultures piégeuses : Exploiter des plantes qui stimulent l’éclosion sans autoriser le développement complet des parasites.
  • Gestion des résidus : Un enfouissement raisonné des débris végétaux limite les réservoirs de nématodes dans le sol.

2. Utilisation de Cultivars Résistants

Le développement variétal se base sur l’introgression de gènes de résistance durable, limitant la multiplication des nématodes. Cette résistance doit constamment être évaluée face aux éventuelles contournements par l’adaptation parasitaire.

3. Méthodes Physiques et Chimiques

  • Biofumigation : Incorporation de brassicacées ou d'autres plantes à potentiels biocides naturels.
  • Solarisation : Chauffage du sol sous bâche plastique pour éradiquer les stades infectieux.
  • Nématicides : Moins privilégiés en raison de leur impact sur la faune utile et l'environnement. L’usage encadré s’impose, avec une surveillance renforcée des résidus.

4. Contrôle Biologique

  • Champignons et bactéries nématophages (ex : Pochonia chlamydosporia, Pasteuria penetrans) constituant des biocontrôles naturels prometteurs.
  • Mycorhizes arbusculaires qui renforcent la tolérance végétale et stimulent les défenses racinaires.

5. Innovations et Techniques Avancées

  • Biotechnologies : Transgénèse ou édition génomique (CRISPR/Cas9) introduisant des résistances ciblées.
  • Microbiotes du sol optimisés : Amendements organiques spécifiques modulant l’équilibre antagoniste envers les nématodes.

Stratégies de Gestion Durable

Une approche intégrée combine :

  • Surveillance régulière des populations de nématodes
  • Diagnostic précoce de la diversité parasitaire
  • Application synchronisée de méthodes combinées (rotation, planification variétale, biocontrône, gestion précise des intrants)
  • Suivi de l’efficacité et ajustement des stratégies selon les résultats du terrain

L’adoption de tels protocoles renforce la résilience des agrosystèmes tout en réduisant la dépendance aux intrants chimiques.

Enjeux et Perspectives

Face à l’adaptation rapide des populations de nématodes et au durcissement des normes écologiques, la recherche agronomique développe sans cesse de nouveaux outils de lutte biologique, de diagnostic moléculaire, et de gestion intégrée. À l’avenir, la collaboration entre les chercheurs, agriculteurs et décideurs politiques sera essentielle pour déployer à grande échelle ces solutions à la fois efficaces et respectueuses de l’environnement.

Conclusion

La lutte contre les maladies à nématodes exige une vision globale, multi-disciplinaire et évolutive. Seule une gestion raisonnée, combinée à l’innovation technologique et à l’éducation agronomique, permettra une réduction durable des pertes économiques et de l’empreinte environnementale. Les systèmes de gestion intégrée s’imposent comme la voie privilégiée pour sécuriser la productivité agricole face à la menace persistante des nématodes phytoparasites.

Source : https://www.mdpi.com/2073-4395/15/12/2843

Gestion des épidémies d’oïdium chez les légumineuses à grains : approches actuelles et perspectives

Épidémies d’Oïdium chez les Légumineuses à Grains : Compréhension et Gestion Efficace

Introduction

L’oïdium, causé par des agents pathogènes fongiques spécifiques aux légumineuses à grains, représente une menace persistante pour la productivité agricole mondiale. Bien que ce champignon soit présent dans de nombreuses régions du globe, son impact économique varie en fonction des conditions climatiques, de la sensibilité des variétés cultivées et des pratiques agronomiques employées. Cette synthèse présente un état des lieux actualisé des connaissances relatives à l’épidémiologie de l’oïdium sur les principales légumineuses à grains – pois, pois chiche, féverole, haricot – et propose des stratégies intégrées pour limiter ses pertes.

Cycle biologique et épidémiologie de l’oïdium

Principaux agents pathogènes impliqués

L’oïdium chez les légumineuses à grains est principalement dû à plusieurs espèces fongiques du genre Erysiphe et Podosphaera. Ces organismes développent un mycélium en surface, formant une poudre blanche caractéristique. La dissémination des spores, favorisée par le vent, contribue à la rapidité des épidémies dans les cultures denses.

Conditions environnementales favorables

Les infections d’oïdium sont amplifiées par des conditions climatiques modérées à chaudes et une humidité relative élevée, sans excès d’eau. Les périodes sèches alternant avec de faibles précipitations constituent un contexte optimal à la prolifération du pathogène. La rotation des cultures et l’absence de résidus infectés constituent des freins naturels à la récurrence de la maladie.

Dynamiques épidémiques

Les premières contaminations surviennent généralement à partir de résidus infectieux issus de la campagne précédente ou via du matériel végétal contaminé. Une fois installée, l’épidémie peut se propager très vite grâce à la dissémination aérienne des conidies. L’apparition précoce de symptômes accroit le risque de pertes significatives si aucune mesure de gestion n’est déployée.

Impacts sur la productivité et la qualité

Répercussions sur le rendement

Les attaques importantes réduisent l’aire photosynthétique active en recouvrant les feuilles et les gousses d’un mycélium poudreux. Il en résulte une baisse du rendement grainier et une altération de la vigueur générale de la plante. Les baisses de rendement peuvent atteindre 20 à 50 % selon la précocité de l’infection et la sensibilité variétale.

Effets sur la qualité des récoltes

Au-delà du rendement, l’oïdium détériore la qualité sanitaire et commerciale des grains. Des pertes en qualité technologique sont signalées à cause de la coloration et du dépréciement de la teneur en protéines, réduisant ainsi la valeur marchande.

Stratégies intégrées de gestion de l’oïdium

Sélection variétale et amélioration génétique

La première ligne de défense repose sur le recours à des variétés présentant une résistance quantitative ou qualitative à l’oïdium. Les avancées en génomique permettent aujourd’hui d’identifier plus efficacement les gènes de résistance et d’intégrer ces caractères dans de nouvelles variétés adaptées.

Innovations agronomiques

  • Rotation des cultures et gestion des résidus : Alterner avec des cultures non-hôtes et broyer les résidus infectés limite l’inoculum primaire.
  • Densité de semis optimisée : Un espacement adéquat des rangs améliore l’aération et réduit l’humidité propice au développement du champignon.
  • Irrigation raisonnée : Éviter l’excès d’humidité sur le feuillage sans assécher excessivement le sol.

Lutte chimique et alternatives biologiques

L’utilisation de fongicides homologués à base de soufre ou d’inhibiteurs de la biosynthèse des stérols est efficace lorsqu’elle est raisonnée et intégrée. Cependant, le recours systématique à ces produits expose à l’apparition de résistances et à des problèmes environnementaux. Ainsi, l’emploi d’agents de biocontrôle (micro-organismes antagonistes, extraits végétaux) offre une alternative prometteuse mais nécessite des protocoles d’application optimisés.

Surveillance et outils d’aide à la décision

La détection précoce, via des outils d’observation ou des modèles épidémiologiques prédictifs, s’avère clé pour déclencher à temps les interventions. Les applications web et systèmes connectés facilitent le monitoring des foyers et l’ajustement des décisions au contexte local.

Perspectives et améliorations futures

La gestion durable de l’oïdium impose la combinaison de mesures à la fois génétiques, agronomiques, chimiques et biologiques. L’adoption d’un raisonnement intégré, consolidé par la prise en compte de la diversité des pathogènes et de leur dynamique, permettra d’assurer la robustesse des stratégies de lutte. La coopération entre chercheurs, sélectionneurs et agriculteurs reste essentielle pour affiner la détection précoce, améliorer la durabilité des résistances et identifier de nouvelles solutions de biocontrôle.

Conclusion

L’oïdium demeure une contrainte majeure à la culture des légumineuses à grains. Pour garantir un niveau de rendement et une qualité satisfaisants, seuls des programmes combinant innovation génétique, stratégies agronomiques adaptées et recours raisonné aux traitements chimiques et biologiques constituent une réponse efficace, durable et respectueuse de l’environnement.

Source : https://bsppjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ppa.70054?af=R