Contamination fongique et mycotoxinique des graines de Coix : évolution pendant le stockage

Évolution de la contamination fongique et mycotoxinique lors du stockage des graines de Coix

Introduction

La graine de Coix (Coix lacryma-jobi L.), aussi connue sous le nom d’herbe à chapelet, est une céréale d'importance croissante en Asie du Sud-Est, valorisée pour ses propriétés nutritionnelles et médicinales. Son stockage présente cependant un important défi sanitaire, car la prolifération de champignons et la production de mycotoxines sont susceptibles de compromettre la qualité des grains, tout en posant des risques pour la santé humaine et animale.

Objectif de l’étude

Cet article analyse systématiquement les variations survenant dans la contamination fongique et la charge en mycotoxines lors du stockage des graines de Coix. Il vise à identifier les facteurs impactant la prolifération des espèces fongiques et la biosynthèse de mycotoxines au fil du temps.

Matériel et méthodes

Prélèvement et conduite des expériences

Des échantillons de graines de Coix ont été récoltés et entreposés dans des conditions contrôlées simulant divers environnements de stockage. Des prélèvements réguliers ont été effectués afin d’analyser l’évolution de la flore fongique et du profil mycotoxinique.

Méthodes d’analyse

  • Identification fongique : Isolement et identification des genres et espèces fongiques par culture classique et séquençage de l’ADN.
  • Détection des mycotoxines : Dosages quantitatifs des principales mycotoxines (aflatoxines, fumonisines, ochratoxine A, désoxynivalénol, zéaralénone) via HPLC et LC-MS/MS.

Résultats

Diversité fongique au cours du stockage

La diversité et la densité de la contamination fongique augmentent distinctement avec le temps de stockage. Les genres prédominants identifiés sont principalement Aspergillus, Fusarium et Penicillium, ces derniers étant notoirement connus pour leur potentiel de production mycotoxinique. La prévalence des espèces varie selon le taux d’humidité ambiant, la température et la durée du stockage.

Dynamique de production de mycotoxines

Les taux de mycotoxines détectés varient en fonction de la durée du stockage, avec une augmentation significative observée après plusieurs semaines. Les aflatoxines (produites par Aspergillus flavus), les fumonisines et la zéaralénone (issues de Fusarium) sont parmi les composés les plus fréquemment détectés. Lorsque les graines sont stockées dans des conditions d’humidité et de température élevées, la concentration des mycotoxines peut excéder les seuils réglementaires, augmentant ainsi les risques pour la santé.

Facteurs aggravants

  • Humidité élevée (> 70 %) : Accélère la prolifération des champignons et la production de mycotoxines.
  • Température modérée à élevée (25–32 °C) : Favorise la multiplication de Aspergillus et Fusarium.
  • Durée de stockage prolongée (>3 mois) : Augmentation cumulative de la contamination.

Discussion et analyse

Le stockage prolongé des graines de Coix sous conditions inadéquates entraîne une évolution dynamique de la flora fongique et des profils mycotoxiniques. Une humidité excessive conjuguée à des températures élevées fait émerger une contamination multispécifique, souvent associée à des taux de mycotoxines préoccupants pour la sécurité alimentaire.

Par ailleurs, l’interaction entre différentes espèces fongiques peut modifier la nature et la quantité des mycotoxines générées. Il est crucial de surveiller de près les conditions de stockage pour limiter la prolifération de ces contaminants.

Recommandations pour la gestion du stockage

  • Réduction de l’humidité résiduelle : Séchage des graines en dessous de 13% d’humidité.
  • Contrôle strict de la température : Stockage à moins de 20°C si possible.
  • Inspection régulière de la qualité : Dépistage périodique des champignons et des mycotoxines.
  • Utilisation d’emballages protecteurs : Prévention des infiltrations d’humidité extérieure.

Perspectives de recherche

Des investigations complémentaires permettraient de mieux comprendre les interactions microbiennes et leur impact précis sur la contamination mycotoxinique. Il reste également à étudier l’efficacité de nouvelles approches technologiques, telles que l’utilisation d’agents antifongiques naturels ou de biocontrôle, dans la réduction durable des risques fongiques.

Conclusion

L’évolution de la contamination fongique et mycotoxinique lors du stockage des graines de Coix souligne la nécessité d’une vigilance accrue en matière de gestion post-récolte. L’adoption de bonnes pratiques de stockage et l’amélioration des techniques de détection garantissent la sécurité et la qualité de cette ressource alimentaire à haute valeur ajoutée.

Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0889157525012694?dgcid=rss_sd_all