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L’expansion rapide des systèmes hydroponiques pour la production de légumes-feuilles soulève d’importantes questions relatives à la sécurité sanitaire des aliments. Deux pathogènes majeurs, Salmonella enterica et Listeria monocytogenes, sont particulièrement préoccupants, pouvant contaminer les cultures et persister à différents stades du processus hydroponique. Cette étude se concentre sur la persistance et la localisation de ces microorganismes pendant la culture hydroponique de laitue à feuilles (Lactuca sativa), apportant des données cruciales pour l'évaluation des risques et la mise en place de stratégies de mitigation adaptées.
Les plantes de laitue à feuilles ont été cultivées dans des systèmes hydroponiques à recirculation en conditions contrôlées. Les installations incluaient des réservoirs d’eau nutritive dans lesquels* Salmonella enterica* (souche sérotype Typhimurium) et Listeria monocytogenes (souche sérotype 1/2a) ont été artificiellement introduites à des concentrations définies.
Les bactéries ont été ajoutées soit dans la solution nutritive au démarrage, soit par contact direct sur les feuilles de laitue. Des prélèvements ont été effectués à intervalles réguliers sur différents sites : eau, racines, feuilles externes et internes. Les échantillons ont été analysés quantitativement par méthode de culture spécifique pour chaque pathogène, et confirmés par qPCR.
Les résultats ont été traités à l’aide de tests ANOVA afin d’évaluer les variations spatio-temporelles de la contamination et la dynamique de la persistance bactérienne dans les différentes matrices.
Salmonella enterica et Listeria monocytogenes montrent la capacité à persister dans le système hydroponique pendant toute la période de croissance, jusqu’à 21 jours post-inoculation. Les concentrations diminuent progressivement mais restent détectables dans la solution nutritive.
L’analyse révèle un transfert significatif depuis la solution vers le système racinaire, puis vers les parties aériennes de la plante. Les racines présentent systématiquement des charges bactériennes supérieures à celles des feuilles. La quantité de pathogènes détectée sur les feuilles externes excède nettement celle mesurée sur les tissus internes.
La localisation de Salmonella et Listeria montre une distribution non homogène : les bactéries s’accumulent en particulier aux jonctions feuille-tige et à la surface des feuilles, tandis que la pénétration vers les tissus internes reste marginale. Quelques cas d’internalisation sont toutefois observés, essentiellement lors d’une forte pression d’inoculum initial.
Au fil du temps, la persistance bactérienne diminue mais ne disparaît pas complètement. Après trois semaines de culture, des séquelles de contamination sont encore mesurables, même avec une chloration modérée de la solution nutritive.
La persistance de Salmonella et de Listeria dans toutes les matrices du système hydroponique souligne la nécessité de mesures renforcées de biosécurité. Même en l’absence de symptômes visibles sur les plantes, la laitue peut constituer un vecteur silencieux de contamination alimentaire.
L’efficacité de la chloration modérée de la solution nutritive ne permet pas d’éradiquer totalement les populations pathogènes, en particulier au niveau racinaire. Adopter une surveillance plus fine et des stratégies d’assainissement ciblées est donc indispensable, notamment lors de réutilisation des solutions nutritives.
Le choix de substrats, de systèmes de recirculation, et la gestion de la durée de culture jouent un rôle majeur dans la maîtrise du risque microbiologique. L’optimisation de ces paramètres pourrait considérablement réduire la persistance des bactéries pathogènes.
La culture hydroponique, bien qu’efficiente pour la production de laitue à feuilles, présente des défis considérables en termes de sécurité sanitaire. La capacité de Salmonella enterica et Listeria monocytogenes à persister et à coloniser feuilles et racines démontre la nécessité d’une vigilance accrue et d’innovations en biosécurité. À mesure que les systèmes hydroponiques gagneront en popularité, la mise au point de protocoles de gestions adaptés deviendra essentielle pour garantir une production sûre et conforme aux exigences sanitaires internationales.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0740002026000936?dgcid=rss_sd_all
L'aflatoxine M1 est un contaminant toxique d'origine fongique, courant dans les produits laitiers. Son identification rapide et fiable est cruciale pour la sécurité alimentaire. Cet article présente le développement d'un capteur électro-filé innovant, utilisant un solvant eutectique profond (DES) afin d'améliorer la performance des détections voltamétriques de l'aflatoxine M1 dans les matrices laitières.
Les solvants eutectiques profonds ont été préparés par combinaison de chlorure de choline et d'acide oxalique selon un rapport molaire précis. Ce mélange, chauffé sous agitation, a généré un liquide homogène aux propriétés de solubilisation exceptionnelles, propice à l'incorporation de l'électrolyte dans le polymère pour l'électrofilage.
Le polystyrène a été dissous dans le DES obtenu afin de former une solution polymérique pour l'électrofilage. Sous une tension élevée, cette solution a permis la création de nanofibres régulières déposées sur les électrodes, formant ainsi un film conducteur sensible. Les conditions d'électrofilage, notamment le débit, la distance aiguille-collecteur, et la tension appliquée, ont été optimisées pour obtenir des fibres uniformes et continues.
Les nanofibres électro-filées à base de DES ont été déposées sur des électrodes de carbone à pâte pour augmenter la surface active et améliorer la sensibilité. Le caractère hydrophile du DES favorise l’adsorption de l’aflatoxine M1, créant une interaction synergique et favorisant la réponse électrochimique. La morphologie des fibres et la structure du film ont été caractérisées par microscopie électronique à balayage (MEB).
Le capteur a été utilisé pour la détection voltamétrique par voltampérométrie différentielle à impulsion (DPI). Les conditions électrochimiques, telles que le potentiel, la durée d’impulsion et la composition de l’électrolyte, ont été ajustées pour maximiser la réponse du capteur face à différentes concentrations d’aflatoxine M1.
Le capteur présente une excellente sensibilité, détectant l’aflatoxine M1 à des concentrations infimes, bien inférieures aux limites réglementaires européennes (0,050 µg/kg). La réponse reste linéaire dans une large gamme, allant de quelques nanogrammes jusqu’à des centaines de nanogrammes par millilitre.
Grâce à la surface polaire et à la structure unique des nanofibres au DES, le capteur se caractérise par une sélectivité élevée. Interférences possibles provenant d’autres micotoxines telles que l’aflatoxine B1 ou la zéaralénone ont été testées. Leur réponse mesurée par le capteur est marginale, ce qui confirme sa spécificité pour l’aflatoxine M1.
Les essais de reproductibilité montrent une forte cohérence des résultats entre différents capteurs fabriqués selon le même protocole. Le capteur conserve une grande stabilité sur plusieurs semaines lorsqu’il est stocké au sec et à température ambiante.
Après une préparation minimale (extraite aqueuse et filtration), différents types de lait et de produits laitiers ont été analysés. Les résultats obtenus montrent un taux de récupération supérieur à 95 % pour l’aflatoxine M1 ajoutée, démontrant ainsi l’efficacité du capteur dans des matrices complexes.
La combinaison de nanofibres électro-filées et de solvants eutectiques profonds ouvre de nouvelles perspectives pour le développement de capteurs électrochimiques performants. Ce système modulaire peut être adapté pour détecter d’autres analytes d’intérêt agroalimentaire ou pharmaceutique. Son coût modéré et sa facilité d’intégration rendent l’outil attractif pour des contrôles rapides sur site ou pour l’automatisation dans l’industrie alimentaire.
Ce travail présente un capteur voltamétrique innovant basé sur l’électrofilage de polymères dans un solvant eutectique profond pour la détection rapide et fiable de l’aflatoxine M1 dans le lait et les produits laitiers. Il se démarque par sa haute sensibilité, sa spécificité, et sa facilité d’utilisation pour des applications de contrôle qualité en routine.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0889157526003364?dgcid=rss_sd_all
L’essor de technologies novatrices a bouleversé les approches diagnostiques, en particulier dans la détection rapide et sensible des pathogènes cliniques. Staphylococcus aureus demeure un agent pathogène de premier plan, impliqué dans de multiples infections nosocomiales et communautaires, avec un véritable enjeu sanitaire chez l’humain. Sa détection précoce et fiable conditionne la réussite de la prise en charge, d’où une demande croissante en solutions point-of-care performantes.
Les dosages immunologiques à flux latéral (LFIA) se sont imposés comme méthode de choix pour le diagnostic rapide. Cependant, leur sensibilité reste limitée, bridant leur usage pour le dépistage de faibles concentrations bactériennes. Pour surmonter cette barrière, l’intégration de nanoparticules à émission de fluorescence améliorée, spécifiquement les points quantiques d’alliage d’argent incorporés (AIENPs), offre une perspective prometteuse d’accroissement de la sensibilité analytique.
La méthode développée s’appuie sur un format sandwich double anticorps optimisé, intégrant des AIENPs en tant que marqueurs, pour amplifier le signal de détection de S. aureus.
Les nanoparticules AIENPs ont été soigneusement synthétisées par réduction chimique contrôlée, générant des points d’alliage d’argent incorporés dotés d’une fluorescence supérieure et d’une stabilité élevée.
L’intégration des AIENPs a permis d’abaisser de manière significative la limite de détection du dispositif :
La technologie développée ouvre la voie à un ensemble d’applications dans les domaines de la médecine humaine et vétérinaire, de la sécurité alimentaire et du contrôle environnemental. La haute sensibilité du système rend possible la détection précoce d’infections, même à des stades asymptomatiques ou lors de contaminations légères.
L’implémentation de nanoparticules AIENPs dans les dispositifs LFIA marque une avancée conséquente pour la détection ultrasensible de Staphylococcus aureus. Cette démarche s’inscrit dans une dynamique d’innovation en biosensorique et diagnostic, conjuguant rapidité, accessibilité et précision. L’extension de ce principe aux autres pathogènes représente une piste de développement stratégique pour la surveillance épidémiologique et la maîtrise des infections multirésistantes.
Source : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0308814626016353?dgcid=rss_sd_all
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